Edouard VIII et Wallis Simpson, un mariage exploité par le gouvernement britannique

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C’est un petit film en noir et blanc d’une quinzaine de secondes tourné en 1933 et subrepticement échappé en 2015 des archives familiales des Windsor. La future reine Elizabeth II, sautillante fillette de 7 ans, effectue un rapide mais impeccable salut nazi, imitée par sa mère et sa sœur cadette. Absolument ravi, son oncle Edouard, le prince de Galles, l’encourage du geste avant de tendre le bras, lui aussi.

Archives : Edouard  VIII, soupirant transi… et trompé

Rendue publique par le tabloïd The Sun, cette séquence fit grand bruit. Comme un mauvais souvenir, revenait à la surface l’embarrassant arrière-plan politique qui présida à l’abdication d’Edouard VIII. Monté sur le trône en janvier 1936, le fringant célibataire l’a quitté au bout de dix mois. Un renoncement dicté par son mariage avec Wallis Simpson, née Warfield, une Américaine deux fois divorcée. Tous les ingrédients d’une love story nimbée de romantisme.

L’amour plutôt que le pouvoir, sortez les mouchoirs. En réalité, l’histoire est un peu moins fleur bleue. Le prince de Galles, dit « David », réputé pour collectionner les liaisons avec des femmes mariées, rencontre Wallis Simpson en 1931 lors d’une partie de chasse. Ex-épouse d’un militaire américain en poste en Chine à l’époque des seigneurs de la guerre, « c’est un personnage à la Malraux », souligne Jean-Pierre Naugrette, professeur de littérature anglaise, dans l’édition de juillet-août 2017 de la Revue des deux mondes.

Photo célèbre

« A Hongkong, poursuit-il, elle aurait fréquenté des salons de massage, pour ne pas dire des maisons closes, dans lesquels elle aurait acquis diverses compétences qui devaient se révéler précieuses pour la suite de sa carrière. » A Pékin, on lui prête une liaison avec le comte Ciano, futur gendre et ministre des affaires étrangères de Mussolini. On la soupçonne aussi d’avoir été la maîtresse de Joachim von Ribbentrop, ambassadeur d’Allemagne à Londres, alors même qu’elle s’affichait au bras du futur roi. Le couple fréquente Oswald Mosley, fondateur de la British Union of Fascists, ouvertement pronazi.

Après l’abdication, les jeunes mariés se rendent à Munich, en octobre 1937. Sur une photo restée célèbre, Hitler les accueille en s’inclinant respectueusement devant eux. Ils sont aux anges. A Edouard, Berlin fait miroiter un retour sur le trône en cas d’invasion de l’Angleterre. En coulisses, son grand ami le duc anglo-allemand Charles-Edouard de Saxe-Cobourg, dignitaire du parti nazi, met à profit ses liens familiaux (Guillaume II était le petit-fils de la reine Victoria) pour plaider la cause du Führer auprès de Buckingham.

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