[ad_1]
Il y a quelques jours, le Sénat rejetait, à grande majorité, la proposition de loi portée par la gauche (PS, EELV, FI) d’étendre le Revenu de solidarité active (RSA) aux 18-25 ans. Le RSA jeune est un serpent de mer, le dossier revient régulièrement sur le tapis. Avec la crise sanitaire et la conjoncture actuelle, serait-ce une solution pour lutter contre la précarisation des jeunes ?
Des jeunes précaires
La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer un processus engagé depuis plusieurs années. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, dans un rapport, l’Observatoire des inégalités estime que le taux de pauvreté des jeunes de 18 à 29 ans a fortement augmenté entre 2002 et 2018 passant de 8% à 12,6% (contre 8,3% pour l’ensemble de la population). Les conséquences du taux de chômage, des bas salaires et de la précarité de l’emploi. C’est une tranche d’âge caractérisée par ses faibles revenus, le taux de contrats précaires approche les 50%, mécaniquement, ils sont les premiers touchés par la crise.
Une proposition bien accueillie par les jeunes mais…
Rémi Cardon, sénateur socialiste a soumis une proposition de loi qui permettrait d’élargir le RSA aux 18-25 ans. Une idée bien accueillie par une majorité de jeunes. Pour Fayza, étudiante dionysienne de 19 ans, ce serait un début de solution pour lutter contre la précarité étudiante « pour les employeurs, les jeunes sont une variable d’ajustement, avec la crise, j’ai perdu mon job étudiant. Certes il y a eu quelques aides pour les jeunes mais c’était exceptionnel donc insuffisant. Ce n’est pas ce qui va me permettre de survivre. La jeunesse mérite une solution pérenne ».
Son ami Benjamin, également étudiant acquiesce « je vis encore chez mes parents et ils assurent mon train de vie. Je sais que je suis chanceux mais je m’inquiète pour l’avenir. Quand on entre dans la vie professionnelle, on occupe souvent les postes les plus précaires dans l’entreprise et en cas de difficultés pour l’employeur, les jeunes sont souvent les premiers à perdre leur job, c’est vrai que le RSA permettrait d’avoir un filet de sécurité en cas de pépin ».
Mais tous les jeunes ne sont pas d’accord, l’avis de Maxime est à l’opposé de celui de ses deux camarades « le risque, c’est que ça devienne trop confortable ! Que les jeunes n’aient plus envie de se bouger pour trouver un boulot et qu’ils vivent en mode ‘assistanat’. Beaucoup de gens se contentent des prestations sociales et ne font plus d’effort… Ça pourrait être mon cas, la facilité… »
Benjamin s’insurge « le RSA, c’est pas 4 000 euros non plus ! La plupart du temps, les gens galèrent quand même, on ne parle pas d’une sorte de salaire qui te permet de vivre bien ! ».
L’exécutif fermement opposé à la mesure
La question a eu le mérite d’ouvrir le débat dans la bande de copains. L’avis de Maxime, aussi tranché soit-il est partagé par bon nombre de Français. Et sur le sujet, la majorité présidentielle est inflexible. « À dix-huit ans, ce qu’on veut, c’est un travail. On veut une rémunération de son travail, pas une allocation » expliquait Bruno Le Maire, le ministre de l’économie sur le plateau de BFMTV.
Élisabeth Borne, la ministre du Travail a rappelé l’existence de la « Garantie jeunes », un dispositif gouvernemental qui permet aux 16-25 d’avoir accès à une allocation mensuelle maximale de 497 euros (contre 564 euros pour le RSA). En contrepartie, les bénéficiaires s’engagent à suivre un parcours d’insertion en mission locale. C’est le cas de Kevin*, 21 ans. « Ça me permet d’avoir un cadre et de pouvoir demander des conseils. SI j’étais tout seul, je suis pas sûr que j’arriverais à me motiver. Et ça me donne confiance en moi et ça facilite la recherche, c’est un peu donnant-donnant ».
Mais les détracteurs du dispositif estiment qu’il n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Pour pouvoir en bénéficier, il ne faut pas être étudiant, en emploi ou en stage. Par ailleurs, alors que le gouvernement a augmenté les moyens alloués aux missions locales, seulement 200 000 jeunes sur l’ensemble du territoire national peuvent en bénéficier alors que 1,5 million d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté.
Un RSA jeunes actifs existe mais il est destiné aux 16-25 ans ayant exercé une activité professionnelle pendant au moins deux ans à temps plein au cours des trois années précédant la demande.
La proposition rejetée par le Sénat
Les socialistes affirment que l’État ne prend pas de mesures fortes pour faire face à l’urgence et la précarité grandissante dans cette tranche d’âge. Mais le gouvernement semble fermement opposé à un élargissement du RSA aux 18-25 ans, le Sénat a rejeté la proposition de loi à l’unanimité, sur les 325 votes exprimés, 232 étaient contre. Mais le dossier pourrait de nouveau revenir sur le tapis…
FH
[ad_2]
Source link

Have something to say? Leave a comment:
