[Economie] Réforme du chômage : pour les syndicats, un timing dangereux

0
53

[ad_1]

Précarité. Alors que la réforme du chômage doit s’appliquer à partir du 1er juillet, les syndicats appelaient à une journée de mobilisation nationale, hier. À La Réunion, pas de manifestation, mais un point presse donné par les organisations locales pour soutenir et dénoncer un projet qu’elles jugent inopportun, voire dangereux pour le département.

Après la Covid, il s’agit sans doute du gros dossier gouvernemental du moment. La réforme de l’assurance chômage, qui doit s’appliquer à partir du 1er juillet, est en effet loin de faire l’unanimité. Il faut dire que le timing est quelque peu hasardeux, entre une crise sanitaire qui n’en finit pas et la crise économique latente qui en découle et dont chacun ignore encore la portée définitive. Dans ce contexte, la méfiance – voire même la défiance – est de mise.

C’est la raison pour laquelle les organisations syndicales avaient appelé à une mobilisation nationale, hier. À La Réunion, les sections locales se sont contentées d’un point presse pour montre leur solidarité avec le mouvement et mettre en exergue les conséquences que pourrait avoir, selon elles, la réforme sur le territoire. “Nous pensions qu’avec la situation économique et sociale du pays, cette réforme serait mise sous cloche, commente Pascal Valiamin, conseiller syndical de Solidaires. Mais non, le gouvernement a décidé d’avancer malgré tout.”

Un territoire déjà précaire

L’enquête conjointe de l’Institut nationale de la statistique et des études économiques (Insee) et de l’Observatoire des prix et des marges de La Réunion (OPMR) parue hier, n’a à ce titre pas échappé aux syndicats qui s’appuient dessus pour développer leurs préoccupations. “Elle montre assez bien ce qui s’annonce. Dans notre département par exemple, la proportion des ménages qui ne vivent qu’avec un seul revenu est beaucoup plus forte qu’en métropole.”

Un autre questionnement réside dans un des changements majeurs emmenés par cette réforme : la durée de temps de travail nécessaire à l’ouverture de droits à l’indemnisation. De quatre mois sur les 24 derniers mois jusqu’à présent, elle passe à six mois à partir du mois de juillet. Une période plus longue alors que “nous avons à La Réunion beaucoup plus de contrats courts, c’est une des spécificités du département.”

Or, bien que soutenues par l’État jusqu’à présent, nombre d’entreprises ayant recours à ces contrats courts ne peuvent prévoir à quoi ressemblera la reprise à venir. “Beaucoup de chefs d’entreprises de TPE ou PME vont devoir reprendre leur activité avec moins de salariés. Trouver du travail en cette période va être compliqué”, poursuit le syndicaliste, qui prévient : “Cela va clairement impacter l’île de façon beaucoup plus forte qu’en métropole. On ne mesure pas les dégâts que cela va faire ici.”

Du côté de la CGTR-Pôle Emploi, Sandra Menuel, secrétaire générale de l’organisation, s’inquiète aussi. “À partir du 1er juillet, nous allons avoir affaire à des gens complètement démunis à cause de ce changement de mode de calcul. Il y a déjà une grande précarité à La Réunion et cela va plonger dans la précarité encore plus de familles vivant de petits contrats ou de temps partiels”.

Annoncée au mois de juin 2019, la réforme de l’assurance chômage a déjà du être reportée deux fois en raison de la crise sanitaire. L’aveu d’une mauvaise foi gouvernementale, selon les syndicats. “Si le gouvernement estimait que cette réforme était bonne pour les chômeurs en ce moment, pourquoi alors l’avoir repoussé à deux reprises ? En réalité, eux mêmes constatent que cette réforme n’est pas adaptée”, appuient-ils. Son application totale sera-t-elle donc décalée encore une fois ? Ce n’est pas en tout cas pas ce que souhaitent les syndicats, qui demandent son retrait pur et simple.

[ad_2]

Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment: