[Economie] Les patrons de boîte espèrent une dérogation

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SAINT-PAUL. Plusieurs patrons de boîte de nuit ont rencontré le sous-préfet de Saint-Paul, hier après-midi, pour obtenir une dérogation leur permettant d’ouvrir jusqu’à 4 ou 5 heures du matin. L’espoir est permis.

Sur l’échelle du plan de déconfinement, les boîtes de nuit sont tout en bas des priorités. Elles pourraient rouvrir en septembre, peut-être, si tout va bien. “On arrive après les salons, les expositions… Même les clubs de danse ont pu rouvrir ! On est logé à la même enseigne que les croisières, c’est dire”, rouspète Bianca, du Loft. Cette semaine, la préfecture a toutefois accordé une dérogation permettant aux boîtes de nuit d’ouvrir jusqu’à 2 heures du matin. C’est une avancée jugée bienvenue mais pas encore suffisante. Et pour cause. Les pistes de danse doivent rester fermées. “C’est un premier geste, estime Arnaud Mauduit, le gérant du Loft. Mais c’est un palliatif. On fait la moitié voire le quart du chiffre d’affaires habituel.”

Or, les établissements doivent continuer à assumer leurs charges : loyer, avance sur salaire dans le cadre du dispositif de chômage partiel… “Nous n’avons eu aucune aide de l’État. Et puis, il faut penser à nos salariés qui touchent 80 % de leur salaire depuis 3 mois ainsi qu’à nos fournisseurs dont les alcooliers, les électriciens, les personnes qu’on prend habituellement en extra. Toutes ces personnes ne peuvent plus travailler avec nous”, poursuit Arnaud Mauduit.

 “Pertes colossales”

La rencontre, hier après-midi, avec le sous-préfet de Saint-Paul, a permis de faire passer un message : “On souhaite rouvrir jusqu’à 4 ou 5 heures du matin en respectant les gestes barrière. Le sous-préfet n’y semble pas opposé. Ça permettrait de fluidifier la fréquentation des bars.”

De Saint-Gilles à Saint-Pierre en passant par Saint-Denis, les gestes barrière semblent de plus en plus être un lointain souvenir. Il suffit de sortir le soir pour s’en rendre compte. Les bars sont pleins et les masques restent dans le sac. “On espère obtenir cette dérogation avant le 11 juillet où la troisième phase du déconfinement entrera en vigueur. Peut-être que les boîtes pourront alors rouvrir normalement. À chaque nouveau jour de fermeture, ce sont des pertes colossales que l’on doit absorber. Cette dérogation serait salutaire mais pas satisfaisante”, juge Julie Lauret, la gérante du Reborn, à Saint-Pierre.

“Ce qui est bien, c’est qu’on n’a pas eu à convaincre le sous-préfet, affirme Mathieu, du Titty Club à Saint-Gilles. Il est sur la même ligne que nous mais il ne peut pas tout. Notre sort dépend d’un décret national. Mais il va faire passer notre message au préfet.”

J.-Ph.L.

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