[Economie] La Chaloupe Saint Leu : les éleveurs à sec

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Plus d’une centaine d’éleveurs dans les Hauts de l’Ouest sont actuellement à court d’eau pour leurs bêtes. Une situation récurrente qui inquiète le président de la FDSEA, Dominique Gigan, ainsi que les coopératives Sica Révia et Sicalait.

Devant son réservoir d’eau presque vide, Denis Sadeyen ne se résigne pas à baisser les bras. Son exploitation d’une cinquantaine de bovins, vaches laitières et génisses, est pénalisée par une sécheresse récurrente depuis près de dix ans. Son fils, Xavier, travaille avec lui, avec l’ambition de développer le cheptel. « Mais comment voulez-vous faire quand il n’y a pas d’eau ?  », constate, amer, son père. « Le manque d’eau concerne aussi les éleveurs de cabris, de porcs ou de chevaux », précise Yolain Gilboire, technicien à la Sica Révia.

 

 

Une solution coûteuse

 

En l’absence de réseau d’eau dans les hauts de l’Ouest, Sicalait, coopérative laitière, et Sica Revia, coopérative bouchère, viennent en aide aux éleveurs. « En 2019, nous avons livré 450 000 m3 pour un coût de 150 000 €. Le Conseil départemental prend en charge à hauteur de 50 000€. Le solde de la facture est à notre charge », précise le directeur de Sicalait. Qui ajoute : « Avec ce manque à gagner, les coopératives ont moins d’argent à distribuer aux éleveurs en fin d’exercice », regrette Charles Adrian. « Nos exploitations sont en danger parce que les conséquences du manque d’eau et le coût de l’acheminement de l’eau, ce n’est pas le problème du banquier », se désole, quant à lui, Denis Sadeyen.

Quant au président de la FDSEA, Dominique Gigan, il se montre très clair : « Ce sont toutes les collectivités qui doivent prendre en charge le coût de l’acheminement de l’eau tant que les travaux du futur réseau ne sont pas terminés, car c’est leur compétence. »

 

 

De l’eau non potable

 

Ces travaux, en cours, devraient être terminés en 2021. « Mais le réseau n’acheminera toujours pas d’eau potable », précise Denis Sadeyen qui vit sur les hauteurs de La Chaloupe Saint Leu depuis 36 ans.

En attendant, les éleveurs et les coopératives ont lancé une bouteille à l’eau en direction des collectivités. Parce que, comme le rappelle Charles Adrian, les éleveurs sont des acteurs essentiels de l’aménagement et du développement des Hauts : « Si les routes sont bétonnées, c’est parce que nos camions passent pour livrer l’eau et chercher la production. » Mais pour aller plus loin, installer davantage d’exploitations et créer à terme des gites ruraux qui exigent un réseau d’eau potable, il va falloir ouvrir les robinets.

 

Mireille Legait

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