[Economie] Digital milite pour une zone franche numérique

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START-UP. Reçue par le ministre des Outre-mer aujourd’hui, l’association Digital Réunion va faire remonter ses demandes auprès de Sébastien Lecornu. Parmi elles, la nécessité de créer une zone franche numérique pour attirer les entreprises innovantes. Entretien avec son président Stéphane Colombel.

Le président de la République était venu au salon NxSE. Il avait évoqué l’idée de faire de la French Tech Réunion le “Singapour” de l’océan Indien en promettant d’accompagner les start-up réunionnaises. Depuis cette visite, est-ce que l’État a su répondre à vos attentes ? 

 

“L’État accompagne depuis plusieurs années le développement de la filière numérique réunionnaise. C’est un travail de longue haleine pour lequel il a toujours été un partenaire fidèle et attentif. On peut dire aujourd’hui qu’ensemble nous avons co-construit la filière telle qu’elle est aujourd’hui. Nous entrons aujourd’hui dans une phase de structuration importante, voire cruciale pour l’avenir du développement économique de La Réunion. NxSE 2019 c’était il y a 10 mois, 10 mois pendant lesquels le dialogue a suivi son court et les projets ont continué d’avancer. Nous sommes confiants en l’avenir et maintenons le cap sur cet objectif de faire de La Réunion le “Singapour de l’océan Indien”. C’est d’ailleurs dans cette perspective que l’État nous a confirmé son soutien pour l’édition connectée NxSE 2020 ! C’est ambitieux mais nous pouvons y parvenir tant que l’écosystème se mobilise et que nous avons le soutien de l’État et des collectivités.

 

 

Vous allez rencontrer le ministre des Outre-mer, quels vont être les points sur lesquels vous allez l’interpeller ? 

 

Digital a présenté, dans le cadre du PIA 3, le projet de structuration de filière, qui a été validé par l’État, la Région et la BPI fin 2019. Elle permet de construire pour l’avenir des modèles de développement plus résilients en Outre-mer. Nous avons présenté notre projet de zone franche numérique auprès de la Délégation sénatoriale aux Outre-mer qui l’a retenu dans son rapport comme proposition “pour empêcher la fuite des compétences et pour pousser à l’installation d’entreprises innovantes, il convient de faire des Outre-mer des zones franches numériques.” Nous espérons être entendus par le ministre sur ce point majeur. D’autre part, les start-up de l’écosystème French Tech souffrent d’un isolement structurel sur 3 leviers stratégiques : l’accès aux compétences, l’accès aux financements et l’accès aux marchés. Nous sommes persuadés que la mise en place d’une plateforme de développement d’un pôle d’excellence d’activité pourrait permettre d’accompagner efficacement leur croissance. L’État a également un rôle à jouer dans la création d’un fonds spécifique de financement des formations de résilience pour les entreprises, dans la relance de l’activité avec les marchés publics et privés ou encore dans l’accompagnement au développement de formations digitales pertinentes pour le territoire. Nous ne nous plaçons pas ici en quémandeurs auprès d’un État-providence, il ne s’agit pas de solliciter des aides pour maintenir notre économie sous perfusion. Bien au contraire, ces demandes sont réfléchies et font partie d’une stratégie de développement à long terme de l’économie réunionnaise.

 

 

Dans un contexte de crise sanitaire mondiale, comment le vivier numérique réunionnais peut-il se démarquer pour devenir un “territoire numérique responsable” ? 

 

La Réunion peut se démarquer par sa nature profonde. La population réunionnaise, territoire isolée dans l’océan Indien, a souvent, au cours de son histoire, affronté des situations extrêmes ; famine, maladies, retard économique et social autant d’épreuves qu’elle a traversé et autant d’épreuves qui l’ont rendu résiliente. Si un territoire est bien capable de s’adapter à une situation et surmonter une crise, c’est bien notre île. Un “territoire numérique responsable” intègre volontairement des préoccupations économiques, sociales et environnementales dans ses stratégies de développement et dans ses relations internes et externes à son écosystème. C’est cette anticipation qui permet de se préparer au mieux aux crises à venir.

 

 

Crise sanitaire oblige, vous allez lancer une édition un peu particulière du prochain NxSE dans une version totalement virtuelle, pouvez-vous nous expliquer ce choix ? 

 

NxSE se transforme en un événement 100 % en ligne. Il s’agit de la cinquième édition et il aura lieu fin octobre, et le thème en sera “Le digital qui nous rassemble”. Évidemment, la situation sanitaire nous a poussé à faire ce choix du 100 % virtuel. Grâce au format “online” NxSE abolit les frontières et la distance avec La Réunion, c’est une opportunité formidable pour les entreprises du territoire. Cela permet d’avoir des intervenants de qualité et de renom, chose plus difficile à négocier en présentiel et cela permet de propose des stands et leurs outils de networking intégrés à des tarifs très attractifs, permettant à tous types d’entreprises de participer. Les participants bénéficieront cette année, avec le côté virtuel, d’une vitrine encore plus internationale. Ça n’est pas que La Réunion qui va rayonner à travers NxSE mais c’est aussi la France qui rayonne dans l’océan Indien.”

 

 

 

Propos recueillis par Julien Delarue

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