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GRANDE DISTRIBUTION. Dans un courrier envoyé, hier, le président de la Région, Didier Robert, demande à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, d’exercer son droit d’évocation afin de surseoir la décision rendue par l’Autorité de la concurrence autorisant la vente de Vindémia au Groupe Bernard Hayot. Il souhaite un examen davantage approfondi des conséquences que pourrait avoir cette transaction sur le pouvoir d’achat de l’ensemble des Réunionnais. “Mon objectif aujourd’hui comme hier, a toujours été de veiller au développement harmonieux de notre territoire, dans le respect de ses valeurs et de ses spécificités. Je me suis toujours élevé avec force contre toute forme de monopole à La Réunion. Je me bats avec détermination pour accompagner et défendre nos entreprises dans un environnement difficile encore plus exacerbé depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19”, explique le président de Région. Didier Robert s’étonne dans son courrier que l’Autorité de la concurrence n’ait pas tenu compte de l’analyse réalisée par le cabinet Sapiens, dont une copie du rapport avait été envoyée en avril dernier au ministère de l’Économie.
Une seule décision en 12 ans
En demandant au gouvernement d’exercer son droit d’évocation, la Région espère que cette nouvelle phase d’analyse permettra d’étudier plus en détail les conséquences de cette vente des magasins Score et Jumbo au groupe Hayot pour 219 millions d’euros. Une phase nécessaire dans un “contexte sensible” alors que la crise sanitaire actuelle n’a toujours pas montré les conséquences sur l’activité économique de l’île. “Une décision si importante pour l’avenir économique de La Réunion ne peut se décider dans la précipitation. Un examen exhaustif des options proposées me paraît nécessaire”, prévient Didier Robert. Le ministre de l’Économie a désormais 5 jours pour exercer ce recours très particulier. Depuis la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008, le gouvernement a usé de ce droit d’évocation une seule fois dans le cadre de la reprise de plusieurs titres et actifs du groupe Agripole (William Saurin, entre autres) par la société Cofigeo.
Julien Delarue
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