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Le premier ministre britannique Boris Johnson et son homologue irlandais Leo Varadkar ont annoncé jeudi « un chemin vers un possible accord » sur la question de la frontière irlandaise.
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Le lieu est resté secret jusqu’en milieu de matinée, jeudi 10 octobre. Ni Londres ni Dublin, mais un endroit « neutre » : le manoir de Thornton, une demeure à colombages dans la péninsule de Wirral, dans le nord-ouest de l’Angleterre, loin des regards. C’est la que Leo Varadkar et Boris Johnson se sont finalement rencontrés. Un ultime déjeuner avant un sommet décisif à Bruxelles les 17 et 18 octobre, mais un rendez-vous surtout symbolique.
Certes, les deux premiers ministres ont bien déclaré, à l’issue du rendez-vous, « voir un chemin vers un possible accord », mais à 20 jours – théoriquement – du Brexit, le 31 octobre, et alors que les discussions entre les négociateurs sont au point mort à Bruxelles, ils ont surtout tenté de faire oublier les désastreux échanges des derniers jours.
En début de semaine, des sources anonymes à Downing Steet ont accusé Dublin de bloquer le Brexit, et Leo Varadkar de ne « pas vouloir d’accord ». Si cette allégation paraît peu vraisemblable, elle souligne une situation de fait qui énerve au plus haut point les brexiters. Car la petite Irlande, cette ex-colonie anglaise n’ayant conquis son indépendance qu’il y a tout juste un siècle, est en position de force, qu’ils le veuillent ou non.
Une ligne dure constante
Même si un Brexit sans accord l’affecterait durement, la République détient en effet les clés du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), l’accord dépendant de la solution à trouver pour éviter le retour d’une frontière physique avec l’Irlande du Nord (province britannique), condition du maintien des accords de paix de l’accord du Vendredi saint, en 1998.
A Dublin, si la rhétorique agressive de l’entourage de M. Johnson irrite et inquiète, les esprits restent étonnamment calmes. Ils campent sur la même ligne dure, adoptée dès 2016, et dont ils n’ont pas varié depuis. C’était celle d’Enda Kenny, le précédent premier ministre, c’est celle de Leo Varadkar depuis deux ans.
Ils refusent tout ce qui, de près ou de loin, revendrait à réintroduire des contrôles douaniers sur l’île, même à distance de la frontière – réelle mais physiquement indétectable – avec l’Irlande du Nord. La solution « ultime » de M. Johnson, d’un maintien de l’Irlande du Nord dans le giron du marché intérieur européen, mais d’une sortie de l’union douanière pour la province ? Non, a signifié abruptement Leo Varadkar, à peine vingt-quatre heures après qu’elle a été rendue publique à Londres, début octobre – car elle n’éliminerait pas à 100 % le risque de contrôles physiques.
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