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RécitRéservé à nos abonnés
« Brexit »… Au début, il s’agissait seulement d’un audacieux néologisme. Qui aurait prédit qu’il prendrait corps au point de plonger le royaume dans un chaos inextricable ? A l’heure où le « hard brexiter » Boris Johnson prend ses fonctions, nous nous sommes plongés dans nos archives : voici l’histoire.
Les remous de la zone euro avaient habitué les lecteurs du Monde au Grexit, finalement évité. En novembre 2012, un autre néologisme fit son apparition : le Brexit. Et si les Britanniques quittaient, volontairement cette fois-ci, le club européen, qu’ils ont intégré en 1973 ?
Au début, il s’agissait presque d’un bon mot, d’une hypothèse un peu fantasque des commentateurs. Dans Le Monde, il apparaît pour la première fois dans une chronique d’Arnaud Leparmentier : « Le Royaume-Uni s’éloigne sans cesse plus du continent. On est passé du Grexit au Brexit, de l’expulsion de la Grèce au départ des Britanniques », écrit le journaliste, le 9 novembre 2012. Le premier ministre conservateur d’alors, David Cameron, menace en effet d’opposer son veto au budget européen – afin d’obtenir que celui-ci n’augmente pas, comme cela était prévu.
En mai 2013, l’hypothèse gagne en consistance : « Les gens les plus sérieux à Londres évaluent aujourd’hui à “50/50” les chances d’une sortie britannique de l’Union », estime Sylvie Kauffmann dans une autre chronique. “Brexit”, il y a quelques mois, c’était un nom de fantasme, le genre d’excentricités que profèrent les Anglais avec le talent qu’on leur connaît, sur l’air de “retenez-moi ou je fais un malheur”. Ne riez plus. Ces jours-ci, “Brexit” n’est plus un fantasme, c’est une possibilité. Voire, disent certains, une probabilité. »
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