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Trump ou Biden ? Des dizaines de millions d’Américains votent, mardi 3 novembre, pour choisir, au terme d’une invraisemblable campagne, le futur locataire de la Maison Blanche. Mais pas seulement. D’autres postes d’élu sont en jeu et les électeurs doivent aussi se prononcer par référendum sur toute une série de problématiques locales.
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Renouvellement du Congrès
Les électeurs américains se rendent également aux urnes pour le renouvellement du Congrès : les sièges de 33 sénateurs et 435 élus de la Chambre des représentants sont soumis au vote. Les démocrates sont aujourd’hui majoritaires à la Chambre des représentants et un changement de majorité est peu probable, selon les prévisions des experts. A l’issue de ces élections, les démocrates pourraient même y bénéficier d’une majorité plus confortable.
Le véritable enjeu, c’est le Sénat – à faible majorité républicaine (53 sièges contre 47). Les démocrates espèrent faire basculer les sièges nécessaires pour prendre le contrôle de cette chambre. Et si Joe Biden était élu président et que les démocrates devenaient majoritaires au Sénat, le parti détiendrait tous les grands leviers du pouvoir fédéral à Washington pour la première fois depuis les débuts du mandat de Barack Obama.
Autrement dit, la marge de manœuvre dont disposera le président investi en janvier 2021 dépendra du Congrès qui sortira des urnes.
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Gouverneurs, maires et élus locaux
Onze des 50 Etats américains choisissent de nouveaux gouverneurs. Ces derniers disposent du pouvoir exécutif au niveau de leur Etat pour les très nombreuses compétences qui ne relèvent pas du gouvernement fédéral. Le gouverneur est la personnalité politique la plus puissante de l’Etat, bien que les sénateurs, qui font la navette depuis Washington, y disposent eux aussi d’une influence considérable.
En outre, des milliers de mandats électifs sont renouvelés au niveau local : assemblées législatives des Etats, juges, maires et conseils municipaux, comtés, shérifs, etc.
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De (très) nombreux référendums
Les Américains sont également invités à se prononcer sur des initiatives locales.
Un nouveau drapeau pour le Mississippi ?
Les électeurs de l’Etat sudiste doivent décider de se débarrasser, ou non, d’un symbole confédéré qui orne encore leur drapeau. Ce dernier, adopté en 1894, comporte toujours l’étendard – fond rouge, croix bleue en diagonale ornée de 13 étoiles blanches – qui représentait les Etats esclavagistes lors de la guerre de Sécession (1861-1865). Une commission a dessiné un nouvel étendard, orné d’un magnolia, autre symbole de l’Etat. Le Mississippi, au long passé ségrégationniste, est le dernier Etat à arborer cet insigne sur son drapeau depuis que la Géorgie y a renoncé en 2003.
De son côté, le Rhode Island doit aussi faire face à son héritage historique. Le plus petit Etat du pays s’appelle officiellement « Etat de Rhode Island et des plantations de Providence » : en 2010, les électeurs avaient refusé de raccourcir ce nom pour supprimer la référence aux grands domaines esclavagistes. La question leur est à nouveau posée.
En Californie, Uber s’invite dans les urnes
Les chauffeurs des applications Uber ou Lyft sont-ils des salariés ou des travailleurs indépendants ? C’est une des questions à laquelle doivent répondre les électeurs de Californie, terreau des innovations technologiques.
Ce référendum est en passe de devenir le plus cher de l’histoire de l’Etat, devant celui de 1998 sur le droit d’ouvrir des casinos dans les territoires amérindiens. Les entreprises de la « gig economy » (l’économie du travail à la carte) ont injecté près de 200 millions de dollars pour faire prévaloir leurs vues et annuler une loi votée en janvier, qui les force à donner un salaire minimum, des congés payés et des indemnités de chômage à leurs « employés ».
Les Californiens devront aussi se prononcer sur une réforme de la justice pénale aux allures de révolution : faut-il remplacer le système des mises en liberté sous caution par un système d’évaluation de la dangerosité des prévenus ? L’hypothèse fait frémir tout un secteur économique florissant lié à ces cautions (maisons de prêts, chasseurs de primes, etc.).
En Louisiane, un amendement anti-IVG
En Louisiane, les votants doivent valider, ou non, un amendement anti-avortement à la Constitution de leur Etat : « Pour protéger la vie humaine, rien dans cette Constitution ne peut être interprété comme assurant ou protégeant un droit à l’avortement ou imposant de financer l’avortement ». Pour les pro-choix, cet Etat de la « Bible Belt » (la « ceinture de la Bible », une quinzaine d’Etats du Sud où est pratiqué un protestantisme rigoriste) se prépare à un possible revirement de la Cour suprême des Etats-Unis qui, en 1973, a statué que l’avortement y était légal en rendant l’arrêt historique « Roe vs Wade ».
Depuis, les militants et les responsables politiques opposés à l’IVG se mobilisent pour faire annuler cette décision. A la suite de la mort de la juge progressiste Ruth Bader Ginsburg, le 18 septembre, Donald Trump a nommé à la Cour suprême des Etats-Unis Amy Coney Barrett, une fervente catholique, suscitant les espoirs d’un retour en arrière dans les rangs conservateurs.
Des congés maladie payés ?
Huit Etats et la ville de Washington ont déjà accordé le droit à des congés maladie rémunérés à leurs habitants, mais sans passer par la voie référendaire. Le Colorado envisage à son tour de créer un droit à douze semaines d’arrêt maladie en créant un nouveau prélèvement sur les salaires. Les Américains sont d’ordinaire peu friands de telles mesures, mais la pandémie de Covid-19 pourrait avoir modifié leur point de vue.
Le retour des loups dans le Colorado ?
Les habitants du Colorado, Etat emblématique de l’Ouest sauvage, doivent trancher une question plus inattendue : pour ou contre la réintroduction de loups gris à partir de 2023 ? Ces canidés ont presque tous été abattus dans les années 1940, à la suite d’une campagne menée par les éleveurs qui voulaient protéger leur bétail. Les « pro-loups » affirment que leur réintroduction aurait des effets bénéfiques sur l’écosystème, en régulant notamment les populations d’ongulés trop nombreuses, qui dégradent la végétation et les sols.
Marijuana et champignons hallucinogènes
Et puis il y a les drogues. Comme d’autres avant eux, les électeurs de l’Arizona, du Montana, du New Jersey et du Dakota du Sud sont appelés à se prononcer sur la légalisation de la marijuana à des fins récréatives. La même question est posée aux habitants du Mississippi, qui entend, lui, limiter l’usage du cannabis à des fins médicales.
Au rayon hallucinogène, les électeurs de l’Oregon devront dire si certains champignons magiques peuvent servir au traitement de maladies mentales, comme la dépression. Et les habitants de la capitale, Washington, pourraient décriminaliser leur usage. En mai 2019, Denver, la capitale du Colorado, est devenue la première ville des Etats-Unis à dépénaliser, par référendum, l’usage des champignons hallucinogènes.
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Retrouvez les chroniques de campagne de notre correspondant à Washington ici.
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