Dopé par son acquittement, Donald Trump tente d’accroître son pouvoir

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Donald Trump, le 16 février à l’aéroport de Daytona Beach, en Floride.
Donald Trump, le 16 février à l’aéroport de Daytona Beach, en Floride. SAUL LOEB / AFP

Donald Trump exulte. Plus que jamais en campagne pour sa réélection, le président des Etats-Unis part lundi 17 février pour une tournée dans l’ouest du pays qu’il va mettre à profit en tenant trois meetings de campagne dans l’Arizona, le Colorado puis le Nevada, à la veille de la primaire démocrate qui s’y tiendra samedi. Donald Trump avait fait de même dans l’Iowa et le New Hampshire et il récidivera en Caroline du Nord le 2 mars, à la veille d’un Super Tuesday décisif pour la course à l’investiture démocrate. Entre-temps, ce président si sensible aux chiffres de ses publics aura été gratifié en Inde par le premier ministre Narendra Modi, à Ahmedabad, d’une démonstration de force des militants de son parti nationaliste.

Libéré de l’affaire ukrainienne depuis son acquittement par les seuls sénateurs républicains, le 5 février, rasséréné par la résilience de l’économie américaine qui ne montre pour l’instant aucun signe de ralenti même si sa croissance reste inférieure aux promesses du candidat républicain en 2016, Donald Trump affiche une assurance qui le pousse plus que jamais à mettre à l’épreuve le cadre institutionnel dans lequel sa présidence est théoriquement insérée.

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Jeudi 13 février, il a ainsi remis en question la pratique qui veut que ses appels téléphoniques avec des dignitaires étrangers soient suivis en direct par ses conseillers. « Je pourrais y mettre fin, parfois vingt-cinq personnes écoutent », a-t-il déclaré. L’affaire ukrainienne était partie du signalement d’un lanceur d’alerte informé du marchandage proposé par le président à son homologue ukrainien en juillet 2019 : le déblocage d’une aide militaire et une invitation à la Maison Blanche en échange d’enquêtes par Kiev visant des adversaires politiques de Donald Trump.

Pression sur le département de la justice

La pression se concentre cependant sur le département de la justice. Les interventions publiques de Donald Trump au bénéfice de l’un de ses proches, Roger Stone, accusé d’avoir menti au Congrès et menacé un témoin dans l’affaire « russe » – les interférences pendant la campagne de 2016 – en ont témoigné. Elles ont contraint l’attorney general des Etats-Unis (ministre de la justice) William Barr à une mise au point spectaculaire, le 13 février.

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Roger Stone, ami de longue date et ancien conseiller informel de Donald Trump, le 6 novembre 2019 à Washington.
Roger Stone, ami de longue date et ancien conseiller informel de Donald Trump, le 6 novembre 2019 à Washington. CLIFF OWEN / AP

« Avoir des déclarations publiques et des tweets sur le département, sur les gens du département, les hommes et les femmes qui travaillent ici, sur les affaires en cours au sein du département, et sur les juges devant lesquels nous avons des dossiers, fait qu’il m’est impossible de faire mon travail et d’assurer aux tribunaux et aux procureurs du département que nous faisons notre travail avec intégrité », a assuré cet ancien de l’administration Bush père. « Je ne peux pas faire mon travail ici au département avec un commentaire de fond constant », a-t-il ajouté, soucieux de dissiper l’image d’une justice aux ordres de la Maison Blanche.

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