Donald Trump ouvre des territoires protégés de l’Alaska à l’exploration pétrolière

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Un avion survole un troupeau de caribous dans l’Arctic National Wildlife Refuge, une aire protégée située au nord-est de l’Alaska (photo non datée fournie par le US Fish and Wildlife Service).

C’est la course traditionnelle des interrègnes de fin de mandats. Barack Obama s’était empressé de classer de vastes territoires de l’Utah dans des parcs nationaux (Bear Ears et Grand Staircase-Escalante), lieux sacrés pour les Indiens, afin de les protéger de toute exploitation minière. Quatre ans après, Donald Trump fait la course pour ouvrir à l’exploration pétrolière une partie de l’immense zone arctique de l’Alaska, l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR). Son objectif : octroyer des permis à des concessionnaires privés d’ici à la fin de l’année pour que le processus soit irréversible, même en cas de basculement du pouvoir à Washington en janvier 2021, dans la foulée des élections du 3 novembre.

L’affaire n’est pas certaine puisque l’administration Trump a réussi à réduire la taille des parcs nationaux agrandis par son prédécesseur. Et les décisions de M. Trump seront sans aucun doute attaquées en justice. Le dossier est hautement symbolique avant les élections, alors que le président sortant vante le pétrole comme il avait vanté le charbon dans sa précédente campagne en 2016. Ses attaques ciblent notamment Kamala Harris, la colistière de son adversaire Joe Biden, accusée d’être contre le fracking, l’extraction des schistes bitumineux par pression hydraulique. La presse américaine croyait le dossier enterré. En l’exhumant, M. Trump ravive la guerre de religion entre défenseurs d’une nature sanctuaire et partisans de son exploitation, pour l’instant virtuelle, les conditions d’exploitation de l’Alaska n’étant pas rentables − et encore moins depuis l’effondrement des cours du pétrole provoqués par la crise du Covid-19.

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Pour comprendre le point de vue des partisans de l’exploitation, il faut se figurer l’immensité de l’Alaska, territoire grand comme trois fois la France, peuplé de 730 000 habitants. Le 49e Etat est desservi par deux routes et un chemin de fer, qui relient la côte pacifique à Fairbanks dans les terres, en passant par Anchorage. Seuls une piste et un pipeline poursuivent près de 700 kilomètres au nord, rejoignant l’Arctique aux gisements pétroliers de Prudhoe Bay, exploités depuis les chocs pétroliers des années 1970. A l’Est se trouve l’ANWR, sanctuaire de 77 000 kilomètres carrés protégé par un vote du Congrès depuis 1980, vaste comme deux fois la Belgique, où prospèrent caribous, oiseaux migrateurs, loups et ours polaires, mais qui a toujours suscité des convoitises.

Ecosystème particulièrement sensible

Le défenseur de la nature et le mineur s’y affrontent depuis la ruée vers l’or du Klondike à la fin du XIXe siècle. Ils ont avancé de pair, l’écologiste suivant de près le pollueur. La superbe route qui permet d’admirer le massif de Denali, point culminant d’Amérique du Nord (6 190 mètres), mène à une ancienne mine d’or. Les glaciers du parc Wrangell Saint-Elias sont accessibles parce que fut construit un chemin de fer, au début du 20e siècle, pour exploiter une mine de cuivre natif financée par le banquier J.P. Morgan.

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