Donald Trump nomme un fidèle à la tête du renseignement

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Le nouveau directeur du renseignement américain, Richard Grenell, à Berlin, le 31 mai 2019.
Le nouveau directeur du renseignement américain, Richard Grenell, à Berlin, le 31 mai 2019. ODD ANDERSEN / AFP

Donald Trump a poursuivi la restructuration de son administration en nommant, mercredi 19 février, à la tête de la direction du renseignement national un fidèle sans expérience dans ce domaine. Il s’agit de l’ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne, Richard Grenell. Ce dernier a cependant été nommé par intérim, ce qui le dispense de l’exercice de confirmation par le Sénat. Un choix qui laisse entendre que le président des Etats-Unis n’est pas assuré d’obtenir le soutien de tous les sénateurs républicains.

Le poste de directeur du renseignement national, qui coordonne toutes les agences américaines, dont la CIA et la NSA, était occupé jusqu’à présent par un autre intérimaire, Joseph Maguire. Ce dernier avait dû gérer le signalement d’un lanceur d’alerte à l’origine de l’affaire ukrainienne puis de la mise en accusation de Donald Trump qui s’est achevée par son acquittement par le Sénat le 5 février.

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Le profil de Richard Grenell ne le prédisposait pas à ce poste. Ancien conseiller politique de responsables républicains, il a été ensuite porte-parole de la représentation des Etats-Unis aux Nations unies de 2001 à 2008. Après avoir travaillé comme consultant, puis brièvement dans l’équipe de campagne du candidat républicain Mitt Romney lors de la présidentielle de 2012, Il a été nommé ambassadeur à Berlin en 2017 après une confirmation laborieuse au Sénat. Comme aux Nations unies et auprès de Mitt Romney, Richard Grenell, par ailleurs ouvertement homosexuel, s’est signalé en Allemagne par des déclarations peu diplomatiques contre la politique iranienne ou migratoire du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

Relations tendues

Les prédécesseurs du nouveau directeur par intérim du renseignement national étaient tous des experts en la matière. Joseph Maguire était un ancien du contre-terrorisme au sein de la Navy. Dan Coats (mars 2017-août 2019) avait siégé au sein de la commission du renseignement du Sénat. Tous les autres titulaires du poste, créé après les attentats du 11-Septembre, avaient un solide passé militaire.

Donald Trump cultive depuis son arrivée à la Maison Blanche des relations tendues avec la communauté du renseignement. Le président des Etats-Unis continue de nier ouvertement les conclusions qui ont attribué à la Russie les interférences pendant la campagne présidentielle de 2016. Il a également défendu contre toute évidence l’implication de l’Ukraine dans ces interférences, ce qui a été en partie à l’origine de sa mise en accusation.

La nomination de Richard Grenell est survenue le jour du départ du numéro trois du Pentagone, John Rood. Ce haut responsable avait certifié en 2019 que l’Ukraine avait fait suffisamment de progrès anticorruption pour justifier le versement par l’administration de Donald Trump de l’aide militaire votée par le Congrès pour aider Kiev dans son conflit contre les séparatistes soutenus par la Russie. Le président avait pourtant gelé cette aide, conditionnant son déblocage à l’ouverture d’enquêtes visant des adversaires du président. John Rood a démissionné en indiquant qu’il partait à la demande de Trump. Il est le quatrième responsable lié à l’affaire ukrainienne écarté par le président depuis son acquittement par le Sénat.

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