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A l’approche de l’élection présidentielle du 3 novembre, Le Monde tient le carnet de bord de la campagne. Un point quotidien, avec les faits de campagne, les publicités politiques, les sondages, les cartes et les chiffres qui permettent de suivre et de vivre la plus importante compétition électorale du monde.
Tout juste rentré de Pennsylvanie où il a tenu trois meetings dans la seule journée de lundi 26 octobre, Donald Trump a assisté en début de soirée à la prestation de serment de la juge Amy Coney Barrett, confirmée moins d’une heure plus tôt par le Sénat. Même si cette confirmation a été obtenue comme prévu compte tenu de la courte majorité républicaine au sein de la haute assemblée, la juge est devenue la première nominée depuis 150 ans confirmée par les voix d’un seul parti. Elle a prêté serment sous l’autorité de Clarence Thomas, le juge le plus conservateur de la Cour suprême, puis elle a posé au côté du président dans une ambiance de meeting électoral.
En 2017, Neil Gorsuch avait obtenu 54 voix, dont celles de trois démocrates, contre 45. Un an plus tard, Brett Kavanaugh avait recueilli 50 voix, dont une démocrate, contre 48. Le Parti républicain ayant gagné deux sièges lors des élections de mi-mandat, Amy Coney Barrett a été confirmée par 52 voix contre 48. Une sénatrice républicaine, Susan Collins (Maine) a voté avec les démocrates pour protester contre une telle nomination aussi près de l’élection présidentielle. La juge conservatrice prendra ses fonctions à la veille de la présidentielle et pourra donc arbitrer d’éventuels contentieux électoraux.
Les deux juges nommées par Barack Obama, Elena Kagan et Sonia Sotomayor avaient obtenu respectivement 63 voix et 68 voix, soit plus que la majorité qualifiée alors exigée et que le chef de la majorité républicaine, Mitch McConnell (Kentucky) a supprimé en 2017. A titre de comparaison, la juge Ruth Bader Ginsburg que remplace Amy Coney Barrett, nommée par Bill Clinton, avait obtenu 96 voix contre 3.
Mitch McConnell s’était opposé à l’organisation du moindre vote pour le juge Merrick Garland choisi par Barack Obama en mars 2016. Il avait argué de la présidentielle prévue huit mois plus tard pour estimer que le président démocrate n’avait plus la légitimité pour procéder à une telle décision. L’obstruction républicaine était d’autant plus déterminée qu’une confirmation de Merrick Garland aurait fait basculer la majorité de la plus haute instance juridique des Etats-Unis du côté des juges nommés par des présidents démocrates.
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