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Des routes et trottoirs réparés et fleuris, des fleuves nettoyés, des taudis masqués ou rasés, Donald Trump devrait avoir une vision un rien embellie de l’Inde. Attendu lundi 24 février, le président des Etats-Unis et son épouse, Melania, doivent effectuer une visite officielle de deux jours dans le sous-continent.
Le premier ministre indien, Narendra Modi, et le président américain, deux populistes, égocentriques, grands utilisateurs des réseaux sociaux, et pourfendeurs de la presse, s’apprécient et s’étaient déjà produits en septembre 2019 à Houston, au Texas, devant une foule en liesse. M. Modi accueillera le locataire de la Maison Blanche à Ahmedabad, dans son ancien fief du Gujarat (Ouest), qu’il dirigea de 2001 à 2014.
Une petite revanche personnelle pour M. Modi, qui fut interdit de séjour aux Etats-Unis pendant dix ans, soupçonné d’avoir couvert les pogroms contre les musulmans qui avaient fait plus de 2 000 morts dans cet Etat de l’ouest de l’Inde en 2002. La visite de Donald Trump intervient alors que, depuis décembre 2019, des milliers d’Indiens manifestent quotidiennement contre la réforme de la loi sur la nationalité et la politique ségrégationniste du gouvernement à l’égard des musulmans.
Au cours d’une conférence téléphonique, vendredi 21 février, de hauts responsables de l’administration américaine ont indiqué que le président saurait rappeler l’Inde au respect de ses propres valeurs. Par le passé, Donald Trump ne s’est jamais montré très exigeant sur ces questions vis-à-vis de ses alliés. Et la politique brutale du premier ministre indien dans la région du Cachemire n’a pas ému outre mesure son interlocuteur jusqu’à présent.
« Namaste Trump »
Narendra Modi a prévu les choses en grand à Ahmedabad. En tellement grand que le président américain, toujours très sensible à la taille de ses publics, s’est un peu emmêlé dans les chiffres et les unités indiennes. Il a assuré avant son départ des Etats-Unis qu’on lui avait promis d’être acclamé par 7 millions d’Indiens massés le long de la route qui doit le mener de l’aéroport à Ahmedabad. C’était beaucoup pour une ville qui compte un peu plus de 5 millions d’habitants.
En réalité, les conseillers de M. Modi ne s’étaient pas exprimés en millions mais en lakhs, une unité qui équivaut à 100 000. L’estimation de 700 000 admirateurs promise à Donald Trump étant déjà très optimiste. Mais l’Inde est l’un des rares pays dans le monde et en Asie où le président des Etats-Unis jouit d’une image plutôt favorable, selon le Pew Research Center.
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