Diplomates au bord de la crise de nerfs

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Publié aujourd’hui à 05h45

Leur vie se passe dans l’ombre. Leurs noms sont rarement cités. Leur rôle est pourtant central dans la mise en musique de la politique étrangère de la France. Aujourd’hui, les conseillers de la cellule diplomatique de l’Elysée se trouvent au centre de l’attention, pour des raisons peu enviables. Devant la multiplication des signaux d’alerte et des départs en son sein depuis plus d’un an, l’entourage d’Emmanuel Macron a choisi une solution innovante : le recours à un cabinet privé de conseil. Plein Sens – c’est son nom – a lancé une réflexion à la fin du mois d’août pour revoir l’organisation et le fonctionnement de la cellule. Avec une interrogation en filigrane : la présidence de la République a-t-elle été un lieu de souffrance professionnelle pour certains diplomates ? Un document provisoire a été remis début octobre.

En 2018, l’Elysée avait déjà sollicité un cabinet privé, Eurogroup, pour réorganiser ses services. La révélation de l’audit actuel – par le site Intelligence Online, puis dans l’hebdomadaire Elle – a provoqué une déflagration dans un monde aux codes solidement ancrés, où chacun se connaît et s’épie. Tous les interlocuteurs – soit une dizaine de personnes, toutes très au fait du sujet – sollicités pour cet article, en dehors des sources officielles à l’Elysée, ont eu, en substance, la même réaction spontanée, sous couvert d’un anonymat imposé par leur obligation de réserve. A les entendre, « ça devait finir par sortir ».

Les premiers mis en cause pour une gestion humaine défaillante de leur équipe sont le conseiller diplomatique du président, Emmanuel Bonne, et son adjointe, Alice Rufo, présentés comme indissociables au 2, rue de l’Elysée, dans l’ancien hôtel particulier qui longe le Palais. « Ils sont dans un ping-pong permanent et s’épaulent », résume un ancien de la cellule, composée de dix conseillers sous les ordres du « sherpa », M. Bonne. C’est là que se dessinent les visites officielles du chef de l’Etat, que se préparent les entretiens avec les dignitaires étrangers, les sommets internationaux…

Depuis des mois, les rumeurs et les bruits de couloir se multipliaient au détriment du binôme, insistant sur une gestion très particulière de leur équipe, avec des propos vexatoires oraux et écrits. « Pour tenir ici, il faut prendre des amphétamines le jour et du Stilnox la nuit », aurait dit un jour le conseiller diplomatique du président en plaisantant, lors d’une réunion, selon un participant. Des propos qu’Emmanuel Bonne assure n’avoir jamais tenus, selon son entourage.

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