Des travailleurs ouïgours enrôlés de force dans des usines chinoises

0
131

[ad_1]

Ce bâtiment, photographié en juin 2019 dans le district d’Akto, dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, est considéré comme servant de camp de rééducation où sont détenues des minorités ethniques musulmanes.
Ce bâtiment, photographié en juin 2019 dans le district d’Akto, dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, est considéré comme servant de camp de rééducation où sont détenues des minorités ethniques musulmanes. GREG BAKER / AFP

Plusieurs dizaines de sous-traitants chinois de grandes marques internationales utiliseraient des ouvriers et ouvrières de la minorité ouïgoure. Un nouveau rapport du centre de recherche australien ASPI (Australian Strategic Policy Institute), rendu public le 1er mars, révèle que ces travailleurs sont mis à disposition dans le cadre d’un programme étatique de transfert de main-d’œuvre de la région autonome ouïgoure du Xinjiang vers les provinces du reste de la Chine dans des conditions qui « suggèrent le travail forcé ».

Au moins 80 000 Ouïgours auraient ainsi été employés par des usines chinoises qui font partie des chaînes d’approvisionnement de grandes entreprises comme Nike, Fila, Apple et d’autres, entre 2017 et 2019. Le programme a pour nom « Yuan Jiang », ou « Aider le Xinjiang ». Il est l’héritier d’une longue liste d’initiatives visant à davantage intégrer, au nom du développement économique, un peuple turcophone et musulman qui a vécu de plus en plus mal, ces dernières années, la répression par le régime chinois de sa religion, sa culture et ses aspirations à plus d’autonomie politique.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « China Cables » : révélations sur le fonctionnement des camps d’internement des Ouïgours

Les chercheurs d’ASPI, parmi lesquels figure James Leibold – un spécialiste des politiques ethniques chinoises qui étudie le cas du Xinjiang depuis des années –, ont choisi de braquer les projecteurs sur ce qu’ils décrivent comme une « nouvelle phase dans la campagne de réingénierie sociale ». Cette période a conduit à l’internement forcé, à partir de 2017, d’environ un million de Ouïgours, pour au moins un an, dans des « centres de formation professionnelle » gérés de manière carcérale. Ils ont dû s’y plier à d’incessantes séances d’endoctrinement politique sous peine de voir leur séjour se prolonger indéfiniment ou d’être condamnés à de la prison.

Des subventions pour chaque travailleur transféré

Outre le recrutement, déjà révélé par plusieurs enquêtes, d’une partie des étudiants « diplômés » dans des parcs industriels au Xinjiang, des cohortes d’ex-internés – mais aussi des Ouïgours « méritants » dont des membres de la famille ont pu être internés – sont donc aussi répartis dans des usines chinoises du reste de la Chine.

Ainsi, en février 2018, une société de la province de l’Anhui, la Haoyuanpeng Clothing Manufacturing, qui se présente comme partenaire de Fila, d’Adidas et de Puma, a recruté soixante-trois « diplômés » d’un « centre de formation professionnel » du district rural de Payziwat, près de Kachgar, et exprimé le souhait d’en recevoir, à terme, cinq cents. Les usines d’un fournisseur sud-coréen de Nike dans le Shandong, la société Qingdao Taekwang Shoes, ont accueilli six cents ouvrières ouïgoures depuis janvier. La presse chinoise a décrit avec emphase leur joie de trouver du travail et de pouvoir assister, chaque soir, à des cours de mandarin et « d’éducation patriotique ».

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: