[ad_1]
Y a-t-il une Europe laborieuse au Nord, opposée à une Europe de la dolce vita, au Sud ? Aussi caricatural qu’il soit, ce cliché a fleuri ces dernières semaines dans la presse des Pays-Bas, chefs de file des pays dits « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande, Suède, Pays-Bas). Craignant que certaines capitales ne gaspillent une partie des 750 milliards d’euros du fonds de relance européen adopté mardi 21 juillet, ils insistent sur la nécessité de surveiller les plans de dépenses déployés par chaque Etat. « Cet argument à teneur morale est difficile à avaler pour certains, notamment au regard du système fiscal accommodant en vigueur aux Pays-Bas », souligne Philipp Heimberger, membre de l’Institut viennois des études économiques internationales.
De fait, nombre de multinationales européennes ont installé leur siège à La Haye, Amsterdam ou Utrecht (centre du pays) pour payer moins d’impôts, privant leur pays d’origine d’une partie de leurs recettes fiscales. Ces pertes s’élèveraient à 2,7 milliards d’euros pour la France, 1,5 milliard pour l’Italie et l’Allemagne, et près de 1 milliard pour l’Espagne, selon l’ONG Tax Justice Network.
Certes, les « frugaux » affichent une dette publique très basse : 33,2 % du produit intérieur brut (PIB) au Danemark, en 2019, selon Eurostat, 35,1 % en Suède, 48,6 % aux Pays-Bas et 59,4 % en Finlande. C’est bien moins que la moyenne européenne (77,8 %) ou qu’en Italie (134,8 %).
Très exposés au risque immobilier
Mais la dette privée offre un tableau bien différent. Les ménages des « frugaux » figurent ainsi parmi les plus endettés au monde, en particulier en raison de leurs achats immobiliers. Selon l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), leur dette dépasse ainsi 280 % du revenu disponible net au Danemark, 240 % aux Pays-Bas, 189 % en Suède et 148 % en Finlande. A côté, les ménages italiens (87 %), grecs (106 %) et espagnols (107 %) font presque figure d’écureuils.
Très exposées au risque immobilier, les banques néerlandaises n’ont par ailleurs guère fait preuve de prudence par le passé. Durant la crise de 2008, La Haye a été contraint de nationaliser une partie d’entre elles pour les sauver.
« Très dépendant du commerce international »
Au reste, les Néerlandais ne sont pas exactement des fourmis laborieuses. Ils travaillent en moyenne 1 434 heures par an, selon l’OCDE, avec un poids très important du temps partiel (choisi) : 46,8 % des emplois, en particulier chez les femmes. Dans la petite nation calviniste, le temps consacré à la famille et à la vie associative est aussi valorisé que celui dévolu au travail. Les supposées cigales du Sud, elles, turbinent 1 718 heures par an en Italie (avec 18,7 % de temps partiel), 1 719 heures au Portugal (7,9 %), 1 949 heures en Grèce (9 %).
Il vous reste 13.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
