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Près de deux ans après le début de la protestation réclamant le départ du président Daniel Ortega, la répression continue au Nicaragua. « Les gens oublient ce qui s’y passe, mais des crimes contre l’humanité continuent de s’y produire », a dénoncé début février Bianca Jagger, membre du conseil consultatif d’Amnesty International aux Etats-Unis, fondatrice et présidente d’une fondation pour la défense des droits humains et ambassadrice de bonne volonté du Conseil de l’Europe.
La militante britannique d’origine nicaraguayenne était à Paris pour la présentation du documentaire Nicaragua, une patrie libre pour y vivre, l’insurrection des petits-enfants de la Révolution sandiniste, de l’Espagnol Daniel Rodriguez Moya.
« Ce documentaire [qui n’a pas encore trouvé de distributeur] est important, car il faut que l’on sache ce qui se passe. Il faut que l’Union européenne applique des sanctions non seulement contre le gouvernement, mais contre des personnes, martèle Bianca Jagger, 74 ans. Je lance un appel au président Emmanuel Macron pour qu’il pousse pour ces sanctions au sein de l’UE. »
Le 19 décembre 2019, le Parlement européen a approuvé une résolution sur « la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Nicaragua » invitant les Etats membres à « s’accorder sans tarder sur la liste spécifique des personnes et entités à sanctionner, y compris le président et la vice-présidente » et épouse de M. Ortega, Rosario Murillo.
Documentaire clandestin
En décembre 2018, le Congrès américain a approuvé la loi Magnitsky Nica Act imposant des sanctions financières à des proches de M. Ortega, dont Rosario Murillo, et Laureano Ortega Murillo, un des fils du couple. En décembre 2019, Washington a aussi imposé des sanctions contre leur fils aîné, Rafael.
Daniel Rodriguez Moya, journaliste et professeur universitaire spécialisé dans la Révolution sandiniste, a décidé de se rendre au Nicaragua après avoir vu les images de la première manifestation du 18 avril 2018, qui s’est transformée en mouvement insurrectionnel national contre M. Ortega, au pouvoir depuis 2007 (après une première période entre 1979 et 1990).
« Quand j’ai vu les rues pleines de jeunes, d’étudiants – alors qu’on disait toujours que les jeunes étaient indolents, penchés sur leurs smartphones et ne s’intéressant à rien –, les paysans, les retraités, les ecclésiastiques, j’ai eu l’intuition que ce n’était pas une protestation comme les autres, raconte le réalisateur. Je me suis alors souvenu d’une phrase de Fernando Cardenal, un prêtre jésuite qui a dit en 2008 : “Les jeunes retourneront dans les rues pour faire l’histoire au Nicaragua”. C’était une sorte de prophétie qui était en train de se réaliser. Je me suis dit : je dois aller le voir de mes propres yeux. »
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