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Dans une interview accordée à six journaux européens dont Le Monde, le président du Conseil italien Giuseppe Conte expose son approche de la crise sanitaire due au nouveau coronavirus, et il évoque ses ambitions pour le plan de relance européen à venir.
L’Italie a été le premier pays européen touché par la pandémie. Quel souvenir avez-vous du déclenchement de la crise ?
Quand tout a commencé, le 21 février, j’étais à un Conseil européen, à Bruxelles. A peine rentré, je me suis précipité au siège de la protection civile. Je voulais discuter avec les premiers secours, pour comprendre avant de décider. Puis nous avons très vite constitué une équipe de scientifiques, qui nous a guidés.
Même quand le nombre de morts augmentait chaque jour, nous avons pensé qu’il fallait être transparents : nous n’avons cessé de parler, de communiquer nos données. Puis en ce qui concerne les mesures que nous avons prises, nous avons cherché à nous assurer qu’elles étaient compréhensibles dans leurs objectifs, et jamais disproportionnées.
Il fallait maintenir la cohésion la plus forte possible, et c’était impossible sans confiance. Le message que j’ai voulu envoyer, c’était : nous allons devoir faire de lourds sacrifices. Mais ces sacrifices sont faits avec une perspective, une espérance : bientôt, nous nous embrasserons à nouveau.
A l’heure de la « deuxième vague » en Europe, la situation semble relativement contrôlée, au point qu’on a pu parler d’un « miracle italien ». Comment l’expliquez-vous ?
Derrière les données, je ne vois aucun miracle, seulement les sacrifices. Aujourd’hui ces efforts nous permettent d’aborder cette nouvelle phase avec une attention maximale. Nous n’abaissons pas la garde, parce que nous sommes conscients qu’une ou deux semaines de distraction pourraient conduire à une nouvelle flambée.
Ici aussi la contagion repart. Bien sûr nous sommes dans de meilleures conditions qu’au printemps : nous avons renforcé notre système sanitaire et les thérapies intensives, nous investissons dans les tests, nous incitons la population à télécharger l’application « Immuni » pour le « contact tracing »…
Malgré tout nous devons prendre de nouvelles mesures, et nous devons contraindre les citoyens à respecter les règles. La santé est un objectif fondamental. De toute façon, si on ne la protège pas, l’économie elle-même s’effondre.
Vous pensez que certains de vos homologues n’ont pas compris cela ?
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