démission surprise du chancelier de l’Echiquier, Sajid Javid

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Le chancelier de l’Echiquier britannique, Sajid Javid, à Londres, le 13 février 2020.
Le chancelier de l’Echiquier britannique, Sajid Javid, à Londres, le 13 février 2020. ISABEL INFANTES / AFP

Boris Johnson devait se contenter, jeudi 13 février, d’un remaniement limité à un petit jeu de chaises musicales, avec quelques nouvelles têtes – des femmes, notamment –, et le départ de deux ou trois personnalités jugées encombrantes. Mais cette opération longuement anticipée a viré au gros raté politique, quand, en milieu de journée, Sajid Javid, le chancelier de l’Echiquier – ministre des finances –, a annoncé sa démission.

Le départ de cet homme de 50 ans, qui s’était jusqu’à présent montré loyal au premier ministre, n’était manifestement pas dans les plans de Downing Street et pourrait créer de forts remous. M. Javid devait présenter le premier budget post-Brexit le 11 mars, et le gouvernement s’apprête à entrer en négociations avec Bruxelles, sur sa relation future avec l’Union européenne (UE). C’est le jeune secrétaire au Trésor, Rishi Sunak, 39 ans, valeur montante du parti conservateur, qui le remplacera, a annoncé Downing Street.

M. Javid en a-t-il eu assez d’avaler des couleuvres, de passer pour beaucoup trop docile ? Il aurait démissionné, à en croire des proches cités par les médias britanniques, parce que le premier ministre lui enjoignait de se débarrasser de tous les conseillers de son cabinet pour accueillir des troupes venues directement de Downing Street. Les tensions entre le chancelier de l’Echiquier et l’équipe de M. Johnson étaient manifestes dès l’été 2019, quand Dominic Cummings, le très autoritaire conseiller spécial du premier ministre, avait viré une conseillère de M. Javid sans l’avertir au préalable, au motif qu’elle aurait gardé des contacts avec l’équipe du précédent chancelier. La jeune femme avait dû quitter son bureau escortée par des policiers.

Lire notre récit : Boris Johnson ou les cinq vies d’un brexiter

L’entretien accordé M. Javid au Financial Times, début janvier, dans lequel il affirmait que le Royaume-Uni ne recherchait pas d’alignement réglementaire avec l’UE et que les entreprises britanniques n’avaient qu’à s’adapter, avait surpris : un ministre des finances ne prenant pas la défense du milieu des affaires ? Le quotidien économique avait dans la foulée publié un portrait assez cruel de M. Javid, jugeant qu’il était un chancelier de l’Echiquier « capable et conciliant ». « S’il y a une leçon que Boris Johnson a retenue de l’histoire, c’est d’éviter les chanceliers trop puissants », précisait l’article.

Les proches de Boris Johnson avaient surnommé Sajid Javid « Chino », pour « chancellor in name only » – chancelier uniquement de nom –, précisait encore le Financial Times, début février. Mais ils avaient fini par l’appeler « Mr No » (« Monsieur “non” ») tout court, ces dernières semaines, les différents se multipliant autour du futur budget, M. Javid tentant de préserver une forte discipline budgétaire.

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