Démission de Julie Payette, la représentante de la reine Elizabeth II au Canada

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L’ex-gouverneure générale du Canada Julie Payette et le premier ministre Justin Trudeau, à Ottawa, le 13 juillet 2017.

Le premier personnage de l’Etat canadien jette l’éponge. Quelques heures seulement après que le quotidien anglophone The Globe and Mail a annoncé les conclusions d’un rapport accablant sur le « climat toxique » que Julie Payette ferait régner auprès de ses collaborateurs, la gouverneure générale du Canada a annoncé, jeudi 21 janvier, sa démission. La fonction de représentante de la reine d’Angleterre sur ce vaste territoire appartenant toujours au Commonwealth est certes largement symbolique – même si la Constitution lui accorde le droit « de nommer ou destituer un gouvernement » –, le coup n’en est pas moins rude pour le premier ministre, Justin Trudeau, qui avait choisi en 2017 de nommer à ce poste cette ingénieure de 57 ans, ex-astronaute de renommée internationale pour être allée plusieurs fois dans l’espace.

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Les critiques contre Julie Payette avaient commencé l’été dernier, suite à la publication d’un article de la chaîne publique anglophone CBC News. Une enquête basée sur une dizaine de témoignages anonymes de collaborateurs et employés de Rideau Hall, lieu de travail officiel de la gouverneure à Ottawa, qui accusaient avec force détails Julie Payette, de « rabaisser, réprimander et d’humilier publiquement le personnel » de son cabinet. CBC News affirmait que ce climat délétère avait déjà poussé quatre membres de l’équipe de communication de la gouverneure à claquer la porte. Quelques semaines plus tard, une nouvelle enquête faisant état de frais de rénovation exorbitants, 250 000 dollars, exigés par Julie Payette dans sa résidence officielle d’Ottawa, qu’elle n’a cependant jamais occupée, avait terni un peu plus l’image de la représentante de la reine.

Harcèlement

Le 23 juillet 2020, pris à partie par l’opposition parlementaire à la Chambre des communes, conservateurs et néodémocrates (gauche) réunis, sur les agissements allégués de celle qu’il avait choisie pour incarner le Canada, Justin Trudeau avait dû concéder une « enquête approfondie et impartiale », et la confier à un cabinet de conseil indépendant spécialiste des relations de travail. La firme Quintet Consulting Corporation a interrogé près d’une centaine d’employés anciens et actuels sur des faits de harcèlement et de violence verbale reprochés à Julie Payette. Les détails de son rapport, remis le 19 janvier au cabinet du premier ministre, n’ont pas été dévoilés, mais la seule confirmation du Globe and Mail qu’ils étaient « accablants » a précipité le départ de Julie Payette, deux ans avant le terme officiel de son mandat. Sa secrétaire et grande amie, Assunta Di Lorenzo, accusée elle aussi « d’intimidation auprès du personnel », a également démissionné.

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