[ad_1]
Le spectaculaire déboulonnage dimanche 7 juin, par des manifestants, de la statue à Bristol d’un marchand d’esclaves de la fin du XVIIe siècle a provoqué l’indignation du gouvernement britannique. Mais le maire de la ville a déclaré lundi vouloir la placer dans un musée plutôt que la réinstaller.
Cette statue en bronze d’Edward Colston avait été érigée en 1895 dans une rue qui porte son nom, dans cette ville du sud-ouest de l’Angleterre au passé esclavagiste. Elle a été arrachée dimanche de son piédestal à l’aide de cordes tirées par un groupe de manifestants protestant à la suite de la mort de George Floyd aux Etats-Unis, un homme noir tué lors d’une interpellation par des policiers blancs. Ils l’ont ensuite piétinée puis jetée dans le port fluvial, selon des images diffusées par les médias britanniques.
« En tant qu’élu, je ne peux évidemment pas tolérer les dégradations et je suis très préoccupé par les implications d’un rassemblement de masse sur la possibilité d’une deuxième vague » [de contaminations par le nouveau coronavirus], a déclaré le maire travailliste de Bristol, Marvin Rees, sur la British Broadcasting Corporation (BBC).
Un moment « historique »
« Mais je suis d’origine jamaïcaine et je ne peux pas dire que j’ai un véritable sentiment de perte pour la statue », a-t-il poursuivi, expliquant qu’il la voyait comme un « affront personnel » et considérant son déboulonnage comme un moment « historique ». S’exprimant sur la radio locale BBC Radio Bristol, il a jugé « hautement probable » que la statue finisse au musée.
Les panneaux brandis pendant les manifestations antiracistes ont par ailleurs été rassemblés pour être exposés au musée M Shed de Bristol, ont fait savoir les autorités locales sur Twitter. Tout en condamnant un déboulonnage illégal, l’association de protection du patrimoine Historic England a reconnu que « la statue était un symbole d’injustice » :
« Nous ne pensons pas qu’elle doive être réinstallée. »
Une autre statue prise pour cible
Le maintien de cette statue du marchand d’esclaves et député, qui a financé de nombreuses institutions à Bristol, faisait débat depuis des années. Tout en condamnant la manière dont elle a été déboulonnée, le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, a estimé qu’elle « aurait dû être retirée depuis des années » :
« C’est un homme responsable de l’envoi de cent mille personnes d’Afrique vers les Caraïbes pour devenir esclaves, dont des femmes et des enfants, avec le nom de sa compagnie sur la poitrine. »
« On ne peut pas avoir une statue de marchand d’esclaves en Grande-Bretagne au XXIe siècle », a-t-il estimé.
Une autre statue a été prise pour cible dimanche, devant le Parlement à Londres. Il s’agit de celle de l’ancien premier ministre conservateur Winston Churchill et héros de la deuxième guerre mondiale : l’inscription « était un raciste » a été apposée sous son nom sur le socle.
Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a condamné les débordements pendant les manifestations antiracistes du week-end commis selon lui par des « voyous, qui trahissent la cause qu’ils prétendent servir », sans toutefois commenter le déboulonnage de la statue d’Edward Colston.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment: