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GABRIELE MICALIZZI POUR LE MONDE
FactuelSelon les autorités de la Sérénissime, les pertes financières pourraient se chiffrer à 2 milliards d’euros.
De la Piazza del Duomo à Milan à la place Saint-Marc à Venise, en passant par les rues étroites de Vérone, autant de hauts lieux du tourisme du Nord de l’Italie quasiment vides en cette dernière semaine de février. Une chance pour les touristes qui peuvent photographier sereinement des vues imprenables sur ces chefs-d’œuvre architecturaux, mais une calamité pour les professionnels.
L’épidémie de Covid-19 frappe fort en Italie avec, selon les comptes du ministère de la santé au dimanche 1er mars à 18 heures, 1 577 personnes contaminées et 34 décédées. Depuis l’apparition du virus, le 31 janvier, le Nord a payé le plus lourd tribut avec 984 cas en Lombardie, 285 en Emilie-Romagne ou encore 263 en Vénétie.
« Italia ? No grazie », résumait en trois mots la Repubblica, le quotidien italien, dans sa manchette du mercredi 26 février. « Economia, paralisi da virus », renchérissait le même jour, un autre quotidien, La Nuova.
« Où sont les gens ? Je ne vends plus rien… »
Dans sa petite échoppe de souvenirs vénitiens, sur le campo San Barnaba, Rasel-Kahn s’inquiète. « Où sont les gens ? Je ne vends plus rien… », déplore le commerçant, originaire du Bangladesh. La perte est importante, selon lui, et viendra s’ajouter aux quelque 7 000 euros que lui ont déjà coûtés les inondations de l’acqua alta d’octobre et novembre 2019. Les traces de l’eau, visibles à un mètre de hauteur dans sa boutique encombrée, témoignent de la catastrophe. « J’ai perdu tous mes textiles, la plupart de mes produits et je n’étais pas assuré, trop cher », explique Rasel-Kahn.
Alors qu’il s’apprête à fermer, mercredi 26 février, un couple de Français, arrivé de Tours le matin même, examine les tee-shirts à l’effigie de Venise, les mini gondoles, les reproductions du palais des Doges, du Rialto ou encore de la basilique San Marco, sans oublier les bijoux et la verroterie de Murano. Surtout, ne pas les laisser repartir sans rien.
Un autre couple de Français, arrivé dimanche soir, est dépité. « Nous pensions assister aux derniers jours du carnaval [prévu pour durer jusqu’au mardi 25, il a été suspendu par les autorités dimanche pour cause d’épidémie]. C’est un cadeau de nos enfants, mais on ne peut pas en profiter comme on l’aurait voulu », expliquent Fabienne et Salem Yahi, venus de Saint-Brieuc (Côte-d’Armor). Mais, leur inquiétude, qui n’est rien à côté de celle de leurs cinq enfants qui les appellent quotidiennement, porte plutôt sur les conditions de leur retour en France. « On nous dit qu’il faudra suivre une quarantaine, mais on n’est pas sûr. On la fera peut-être, mais notre protection, ce sont les huiles essentielles », assure Fabienne Yahi.
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