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Cori Bush est moins connue que Kamala Harris, première femme élue vice-présidente, mais, à sa manière, cette infirmière énergique vient aussi d’entrer dans l’histoire des Etats-Unis. L’élue du Missouri, qui a emporté un siège à la Chambre des représentants, sera la première femme noire à représenter cet Etat du Sud, au passé esclavagiste. Cette victoire résume à elle seule l’un des traits de cette saison électorale.
« Les classes populaires et moyennes ont besoin de représentants qui leur ressemblent et qui ont connu les mêmes épreuves. Je suis cette personne. » Extrait du discours de Cori Bush au lendemain de sa victoire
Jamais autant de candidates noires ne s’étaient mises sur les rangs pour imposer leurs voix en politique ; jamais autant d’électeurs afro-américains n’avaient fait la différence dans plusieurs Etats du pays. Symbole de cette génération de militants antiracistes passés sur le terrain politique, Cori Bush incarne aussi la résilience des femmes de sa communauté, frappées par les difficultés sociales, la maladie et la violence. A 44 ans, cette mère de deux grands adolescents semble avoir déjà mené plusieurs vies.
Originaire de Saint-Louis (Missouri), cette fille d’élu local aurait pu vivre une existence classique de la classe moyenne noire. Mais un enchaînement de violences domestiques, d’abus sexuels, de maladie l’entraînent dans une extrême précarité alors qu’elle vient de mettre au monde son second enfant. Contrainte de vivre plusieurs mois dans sa voiture, elle finit par reprendre pied, achève des études d’infirmière et devient pasteure.
En première ligne contre les violences policières
Après la mort de Michael Brown, un jeune Afro-Américain tué par un policier blanc en 2014 à Ferguson – ville du district de la nouvelle élue –, la détermination de Cori Bush l’impose à la tête des manifestations qui vont enflammer la ville durant plusieurs jours. Elle devient une active porte-voix du mouvement Black Lives Matter.
Lorsque survient la mort de George Floyd, en mai 2020, on la retrouve en première ligne lors des manifestations du printemps et de l’été contre les violences policières. Le 3 novembre, jour du vote, l’infatigable militante s’est rendue aux urnes le visage couvert d’un masque en hommage à Breonna Taylor, une ambulancière afro-américaine de 26 ans tuée en mars, dans son lit, par la police de Louisville (Kentucky).
Au lendemain de sa victoire à la Chambre des représentants, dans un discours empreint d’émotion et aux accents chaloupés de prédicatrice, la jeune femme aux longs cheveux a résumé cette vie de lutte et de renaissance.
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