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ReportageLe centre-ville de la capitale américaine s’est transformé en une immense zone ultra-sécurisée, mercredi. Certains n’ont pas renoncé pour autant à entr’apercevoir la cérémonie.
Assis sur un muret au soleil, un drapeau américain fiché dans la poche de son blouson, Chris Gomez écoute avec attention le discours d’investiture de Joe Biden, les yeux rivés sur son téléphone portable. Face à lui, de hautes grilles noires gardées par un groupe de militaires et de policiers barrent l’accès au périmètre, où se tient la cérémonie, mercredi 20 janvier. Soulagé de voir arriver un président démocrate à la Maison Blanche, le jeune homme est tout de même un peu « frustré » d’être tenu à l’écart de ce moment historique.
Le Capitole n’est qu’à deux blocs de là, mais le nouveau président américain et sa vice-présidente, Kamala Harris, restent invisibles aux rares badauds, qui depuis le milieu de la matinée arpentent les rues désertes de la capitale fédérale balayée par de glaçantes bourrasques. Privé de liesse populaire, le cœur politique de Washington manque singulièrement de chaleur en cette journée particulière.
Célébrer « le changement »
Ces derniers jours, le centre-ville, toujours traumatisé par le violent assaut mené contre le Capitole par des partisans de Donald Trump, le 6 janvier, s’est transformé en une immense zone ultra-sécurisée, un no man’s land étrange interdit au peuple. Entre les camions militaires et les blocs de béton, seuls des groupes de soldats passent régulièrement au pas cadencé, soulignant les circonstances exceptionnelles dans lesquelles se déroule l’installation de M. Biden.
Dans l’après-midi, la parade militaire, qui traditionnellement mène le président à sa nouvelle résidence, s’est déroulée dans un calme inhabituel, avec pour seul public les services de sécurité, quelques connaissances et les journalistes accrédités. Les familles Biden, puis Harris, ont donc franchi à pied ces quelques centaines de mètres iconiques, sans les vivats de leurs concitoyens.
En début de matinée, alors qu’il se rendait à la messe, en la cathédrale Saint-Matthieu, non loin de la Maison Blanche, M. Biden, si friand des bains de foule, a traversé une ville morte. Menaces terroristes et pandémie de Covid-19 ont eu raison de la moindre entorse aux consignes de sécurité. Quelques courageux se sont postés à plusieurs centaines de mètres de l’entrée de l’église pour tenter d’apercevoir le second président catholique de l’histoire des Etats-Unis.
Spécialement venues de Californie, Wendy Lange et sa mère Judy, enseignantes, ont bravé le froid matinal, un masque Biden-Harris sur le visage. Elles tiennent à célébrer « le changement », qui s’amorce dans la vie politique américaine. « On va retrouver un président moins polémique, moins négatif, tourné vers les classes moyennes et capables d’écouter les scientifiques », énumère Wendy avec enthousiasme.
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