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Plusieurs milliers de partisans du droit à détenir des armes manifestaient aux cris de « USA ! USA ! USA ! » lundi 20 janvier à Richmond, la capitale de l’Etat américain de Virginie.
Venus dès le petit matin par une journée glaciale, ils entendent dénoncer des projets de loi restreignant l’accès aux armes, portés par les démocrates. Plusieurs protestataires arboraient des autocollants orange disant : « Les armes sauvent des vies. »
Plusieurs milliers de personnes attendues à Richmond, Virginia, pour ce rassemblent pro guns. Certains manifestants… https://t.co/SSvsJJjtCd
Antécédents judiciaires, chargeurs
Etat frontalier de la capitale, Washington, la Virginie, aux traditions ancrées dans le conservatisme, est passée en novembre dans l’escarcelle des démocrates. Ils ont promis de s’attaquer au laxisme qui entoure, selon eux, le contrôle des ventes d’armes, notamment après le choc provoqué par la tuerie de Virginia Beach, qui a fait 12 morts, le 31 mai 2019.
Les textes actuellement à l’étude renforcent l’examen des antécédents judiciaires des acheteurs, interdisent les chargeurs de plus de dix cartouches et l’achat de plus d’une arme par mois. Ils permettent aussi à un juge de saisir les armes d’individus considérés comme dangereux. Un projet d’interdiction à la vente des fusils semi-automatiques a, en revanche, été abandonné.
Le rassemblement était placé sous haute surveillance, de crainte d’actions violentes de la part de groupes d’extrême droite. La place du Capitole, siège du gouvernement local, devant lequel se tenait la manifestation, a été placée sous très haute surveillance, avec un important dispositif policier et des portiques de sécurité.
Le gouverneur démocrate, Ralph Northam, a, en effet, décrété mercredi l’état d’urgence sur les lieux du rassemblement. En vigueur de vendredi et jusqu’à mardi soir, il interdit le port d’armes à feu (normalement autorisé dans la rue) et d’objets dangereux : battes de baseball, chaînes…
Plusieurs mouvements d’extrême droite et groupes paramilitaires ont annoncé leur participation à cette « journée de lobbying » auprès des élus, organisée par la Ligue de défense des citoyens de Virginie (VCDL).
Cette ligue dénonce ce qu’elle considère comme des coups de canif au deuxième amendement de la Constitution, qui garantit le « droit du peuple de détenir et de porter des armes ». Mais cet article fait l’objet d’interprétations divergentes et la Cour suprême a limité ce droit au domicile, laissant les villes et les Etats réguler leur transport.
Souvenir de Charlottesville
Le mouvement de contestation s’est propagé dans l’Etat et plus d’une centaine de comtés et de localités se sont proclamés « sanctuaires du deuxième amendement ». Les organisateurs de la manifestation de lundi « ont voulu que ce soit un événement pacifique, mais ils ont entraîné quelque chose de plus important qu’ils pourraient ne pas arriver à contrôler », a estimé le gouverneur Northam.
Il a évoqué des menaces « crédibles et sérieuses » de « violences, d’affrontement armé et d’attaque contre le Capitole », ainsi que « des plans d’action provenant de milices et de groupes racistes basés hors de l’Etat ».
« On ne veut pas voir de drame comme celui de Charlottesville », a-t-il prévenu, en référence à une autre ville de Virginie où des affrontements entre militants suprémacistes blancs et antifascistes avaient fait une morte et des dizaines de blessés en août 2017. En fin de semaine, le FBI a annoncé l’arrestation de sept membres présumés d’un groupe d’extrême droite soupçonnés de vouloir « créer le chaos » lors de la manifestation.
Donald Trump, grand défenseur du lobby proarmes, a soutenu les manifestants. « Le parti démocrate en Virginie fait tout pour vous priver de vos droits prévus dans le deuxième amendement. Ce n’est que le début. Faites en sorte que cela n’arrive pas, votez républicain en 2020 ! », a-t-il tweeté lundi, avant de reprendre les slogans des manifestants.
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