Dans l’est de l’Allemagne, l’AfD en embuscade

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Le parti d’extrême droite est en position de force avant les régionales en Saxe et dans le Brandebourg, dimanche.

Par Publié aujourd’hui à 11h20, mis à jour à 11h58

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A Bautzen, en Saxe, le 15 août, lors d’un rassemblement du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne.
A Bautzen, en Saxe, le 15 août, lors d’un rassemblement du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne. Markus Schreiber / AP

Andreas et Volker ne se sont jamais rencontrés mais, mardi 27 août, c’est dans la même auberge de Jauernick-Buschbach, coquet village de Basse-Silésie allemande, situé à trois kilomètres de la frontière polonaise, que ces deux sexagénaires ont passé leur soirée. La raison ? Le barbecue qu’y organisait Michael Kretschmer, ministre-président de Saxe et tête de liste de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) aux élections régionales de dimanche 1er septembre.

A quatre jours du scrutin, Andreas est sûr de lui : il votera « sans hésiter » pour la CDU, comme il le fait « depuis trente ans ». Parce qu’il est « globalement satisfait » de la politique d’Angela Merkel. Mais aussi parce qu’il s’agit d’une élection régionale et que, sur les rares points où il est en désaccord avec la chancelière, « la CDU de Saxe a sa propre ligne ». Comme sur la Russie, à propos de laquelle M. Kretschmer a réclamé la levée des sanctions. Contre la position de Mme Merkel, mais en accord avec près de 90 % des électeurs de Saxe, selon un sondage YouGov du 20 août. Andreas s’en félicite : « Ici, dans l’est de l’Allemagne, la Russie est un partenaire économique essentiel. On ne peut pas se permettre de couper les ponts avec Poutine. »

A une table voisine, Volker est lui aussi habitué à voter pour la CDU. Mais les « fautes » de Mme Merkel, notamment sur la question des réfugiés, ont émoussé sa fidélité. Deux fois, déjà, il a voté pour l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), « un parti qu’on dit à tort d’extrême droite, alors qu’il n’a rien d’antidémocratique », dit-il. Et pour dimanche, il hésite encore : « La CDU est un parti solide, reconnaît-il. Mais elle est aux commandes de la Saxe depuis trente ans et le seul parti qui a des idées claires, aujourd’hui, est l’AfD, notamment sur la sécurité. »

Ménager les écologistes

Conserver des électeurs comme Andreas, tout en retenant ceux qui ressemblent à Volker : tel est l’enjeu du scrutin du 1er septembre pour M. Krestchmer. L’équation est compliquée : s’il se déporte trop à droite, le ministre-président de Saxe risque de perdre des voix au centre. C’est ce qui est arrivé à Markus Söder lors des régionales en Bavière, en octobre 2018. En choisissant de coller à la ligne de l’AfD, le chef de file de l’Union chrétienne-sociale (CSU) a perdu une partie de sa base électorale, principalement au profit des Verts.

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