dans les urnes et les jardins, bataille pour l’Etat-clé de Pennsylvanie

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D’Arcy Werner and her son, Nicholas, stand for a portrait at her home in Nanticoke, PA., on Sunday, October 25, 2020. Werner didn’t put up signs in 2016 but decided they needed to this year.
Hannah Yoon

HANNAH YOON POUR « LE MONDE »

Publié aujourd’hui à 06h29, mis à jour à 06h43

Donna Kowalczyk ne le sait peut-être pas, mais elle est le pire cauchemar des stratèges du parti démocrate. Cette coiffeuse de Wilkes-Barre (Pennsylvanie), démocrate de toujours, a voté pour Donald Trump en 2016 et s’apprête à faire de même le 3 novembre, sans l’ombre d’une hésitation. Au rez-de-chaussée de sa maison d’un quartier populaire transformé en salon de coiffure d’un autre temps – un lavabo de plastique noir, deux chaises en skaï et un unique miroir –, la sexagénaire se souvient avoir succombé dès 2015 « au discours anticorruption de Trump, à sa manière de s’intéresser aux gens comme nous, à ses allures de chef ».

Elle n’a pas été la seule. Symbole d’une Amérique démocrate déboussolée par sa perte d’identité blanche et ouvrière, le comté de Luzerne s’est donné à Donald Trump. Sans barguigner. Porté par son slogan « America First » et ses promesses d’emplois manufacturiers, le candidat républicain y avait devancé de 20 points son adversaire Hillary Clinton, contribuant à faire basculer la Pennsylvanie tout entière dans le giron conservateur (48,2 % contre 47,5 %), une première depuis 1988.

Donna Kowalczyk, 62 ans, chez elle à Forty Fort. Démocrate, elle a pourtant voté pour Donald Trump en 2016 et votera aussi pour lui en 2020.
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Un accident de l’histoire

Encore sous le choc, les démocrates locaux veulent croire que le cataclysme d’il y a quatre ans n’est qu’un accident de l’histoire. Hillary Clinton, la candidate d’alors, n’avait quasiment pas fait campagne dans cet Etat, considéré comme acquis ; le parti démocrate local, désorganisé, n’avait pas aidé à la mobilisation. Les républicains, de leur côté, sont persuadés que les mêmes causes produisant les mêmes effets, Donald Trump a de nouveau toutes ses chances « dans le comté, l’Etat et le pays ». Dans les deux camps, la mobilisation est totale.

Michael Wolfkiel, 62 ans, devant sa maison à Nanticoke, le 25 octobre. Il est le premier du quartier a avoir posé une pancarte pour Joe Biden.

Avant de connaître le verdict des urnes, la bataille se joue dans les jardins, où, à coup de pancartes colorées, chacun affiche comme jamais le soutien à son candidat. Michael Wolfkiel est de ces électeurs démocrates qui rongent leur frein depuis quatre ans. Dans les rues paisibles de son quartier de Nanticoke, ce formateur, au chômage en raison de la pandémie, est cette année le premier à avoir planté une pancarte pro Biden sur sa pelouse. « En 2016, on a tous cru que la victoire était assurée, que l’Amérique n’élirait pas un clown. Nous n’allons pas reproduire la même erreur », veut croire le militant, coiffé d’une casquette « Dump Donald » (Jetez Donald). Son engagement a motivé ses voisins et les panneaux ont fleuri au milieu des décorations d’Halloween. « Résultat : 25 maisons pro Biden contre 7 pro Trump », calcule-t-il fièrement.

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