Dans les manifestations à Portland, un « mur des mamans » contre la police fédérale

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Publié aujourd’hui à 11h32, mis à jour à 12h39

Tels des esprits protecteurs, elles disent avoir été choquées par les derniers mots de George Floyd, qui a appelé sa mère à l’aide alors qu’il étouffait sous le genou d’un policier blanc lors de son interpellation, le 25 mai, dans la ville de Minneapolis (Minnesota). Depuis vendredi, des mères de famille se rassemblent dans la ville de Portland (Oregon) pour former une barrière humaine entre les manifestations antiracistes et les forces de l’ordre, dont elles dénoncent la violence.

« Quand tu es mère, tu as un besoin vital de protéger les enfants, pas juste les tiens, mais tous les enfants, a expliqué au Washington Post l’une des organisatrices, Jennie Vinson. Voir un homme adulte appeler sa mère, je crois que c’était un moment transformateur pour beaucoup d’entre nous. »

A Portland, comme dans de nombreuses autres villes des Etats-Unis, la mort de George Floyd a déclenché un mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières. La colère de la rue était pourtant en voie d’apaisement début juillet, mais tout a changé quand ont débarqué les policiers fédéraux, surnommés les « soldats de Trump » par Kate Brown, la gouverneure démocrate de l’Oregon.

C’est à ce moment-là que le « Wall of Moms » (mur des mamans) s’est formé, attirant tous les soirs un peu plus de monde dans ses rangs. Dans d’autres grandes villes démocrates, comme New York, Chicago ou Philadelphie, menacées elles aussi par la venue d’agents fédéraux depuis l’annonce du président Donald Trump, des manifestantes s’organisent.

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Des manifestantes, à Portland, dans l’Oregon, le 20 juillet.
La détermination des manifestants a été revigorée par l’envoi, à l’initiative du gouvernement Trump, d’agents fédéraux ayant reçu pour instruction de rétablir l’ordre, si besoin de façon musclée.
Mardy Widman, une grand-mère de 79 ans, porte une pancarte « Mamie dit : s’il vous plaît, policiers fédéraux, quittez Portland ! »
Des mères de famille brandissent des symboles « peace and love » pour manifester leur colère contre les violences policières, à Portland, le 21 juillet.
Les mères de familles forment une barrière humaine entre les manifestants antiracistes et les forces de l’ordre, le 20 juillet, à Portland.
Donna Boyd, une participante du « Wall of Moms » (mur de mamans), à Portland, le 20 juillet.
Le Wall of Moms, le 20 juillet à Portland.
Typiquement, une soirée à Portland débute par des rassemblements et des marches dans des artères dont les commerces protègent leurs devantures par des planches, et se termine par des heurts, des manifestants matraqués ou cibles de gaz lacrymogène.
Critiquant des « anarchistes et des agitateurs » à Portland, Donald Trump a fait part de son intention d’envoyer des agents fédéraux dans d’autres villes, comme Chicago, dans un contexte de résurgence de la criminalité urbaine.
Les mères de famille, le 22 juillet, à Portland.
La foule importante de manifestants, surtout des femmes, le 22 juillet, à Portland.

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