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A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), les effets du blocus sanitaire imposé depuis dimanche 20 décembre entre la France et le Royaume-Uni se lisent déjà sur les visages tendus des mareyeurs, mardi 22 décembre. Capécure est le premier centre européen de transformation des produits de la pêche. Dans cette immense zone industrialo-portuaire, 70 % des produits traités proviennent des eaux britanniques.
A deux jours du réveillon de Noël, le va-et-vient des transpalettes électriques sur les quais de chargement était bien calme. « D’habitude, ça bosse à 100 % en période de fêtes, là on est à 20 %, soupire Michel Mony. C’est la première fois qu’on voit ça. » Cet exploitant des transports Rungis Marée attend désespérément sa marchandise bloquée depuis lundi matin dans quatorze camions coincés de l’autre côté de la Manche : « On attend du poisson frais, des Saint-Jacques, et des crustacés d’Irlande et d’Ecosse. Si mercredi on ne récupère pas les camions, la marchandise sera perdue et on ne pourra rien livrer à Rungis. »
L’annonce est tombée brutalement dimanche à 19 heures : la France suspend dès minuit tous les déplacements des personnes, y compris liés aux transports de marchandises, en provenance du Royaume-Uni. Une situation liée à la propagation de la nouvelle souche du coronavirus détectée en Angleterre et qui vient paralyser les échanges entre le voisin britannique et l’Union européenne à dix jours du Brexit. L’apparition d’un variant du SARS-Cov-2, dont la transmission est 40 à 70 % plus importante selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sur le territoire britannique, a isolé le pays, à l’aube des fêtes de fin d’année.
« On est tous interdépendants »
A Boulogne, un peu plus loin sur le quai, un autre transporteur, bonnet de Noël sur la tête, confirme la baisse « spectaculaire des volumes traités pour Noël ». Hervé Bertiaux, des transports Mesguen, attend une dizaine de camions chargés de produits de la mer, principalement d’Ecosse, destinés au hub logistique de Boulogne. « C’est un des pires Noël et c’est d’autant plus regrettable que les conditions météo pour la pêche étaient bonnes », dit-il avant de lancer un regard dépité vers sa plate-forme quasiment vide. « L’an dernier à la même époque elle était pleine de poissons, ajoute Hervé Bertiaux. Le Covid s’ajoute au Brexit. Et je pense que ce coup de pression de l’Union européenne, c’est un peu un jeu politique. N’oublions pas qu’on est tous interdépendants. »
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