Dans la crise du coronavirus, Taïwan ne veut pas être assimilée à la Chine

0
119

[ad_1]

Un fidèle prie dans un temple, à Taipei, mardi 4 février.
Un fidèle prie dans un temple, à Taipei, mardi 4 février. SAM YEH / AFP

La crise du coronavirus illustre toute l’ambiguïté des relations entre la Chine et Taïwan, cette île dont l’indépendance de fait n’est pas reconnue par Pékin. Non-membre de l’Organisation des Nations unies (ONU), Taïwan n’est pas non plus membre de ses agences, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation de l’aviation civile internationale. Or, cette exclusion n’est pas sans conséquences. Alors que dix personnes sont affectées par le virus dans l’île, Taïwan n’est pas admis aux réunions techniques de l’OMS sur le sujet et ses malades sont comptabilisés par l’institution avec ceux de la Chine continentale.

Lire aussi Le point sur l’épidémie de coronavirus : plus de 17 200 infections en Chine et des restrictions internationales de voyage

Selon Joseph Wu, le ministre des affaires étrangères de Taïwan, qui conteste cette exclusion, c’est en raison de l’assimilation de Taïwan à l’empire du Milieu que, vendredi 31 janvier, l’Italie a interdit les vols en provenance de Taïwan lorsqu’elle a interdit les vols en provenance de Chine, de Hongkong et de Macao. Durant le week-end, le Vietnam a pris la même décision, mais a ensuite rapidement autorisé les vols en provenance de Taïwan.

Le « consensus de 1992 »

Les premiers ministres du Canada et du Japon, Justin Trudeau et Shinzo Abe, se sont récemment prononcés, tout comme l’administration américaine, en faveur de la participation de Taïwan à l’OMS en tant qu’observateur. Cependant, la Chine s’y refuse depuis l’élection de la présidente Tsai Ing-wen, en 2016, car celle-ci ne reconnaît pas le « consensus de 1992 » conclu entre Pékin et le Kouomintang alors au pouvoir à Taipei. Ce consensus reconnaissait l’existence d’« une seule Chine ». De 2009 à 2016, Taïwan avait participé aux assemblées de l’Organisation mondiale de la santé sous le nom « Chinese Taipei ».

Lire aussi A Taïwan, la présidente Tsai fait face aux pressions de la Chine

Contrairement à ce qui s’était passé en 2003 durant la crise du SRAS, il existe désormais certains canaux de communication entre Taïwan et l’institution basée à Genève. Le Centre de contrôle des maladies de Taïwan est toujours « un point de contact » du Règlement sanitaire international, un instrument créé en 2005 par l’OMS visant à renforcer la coopération internationale dans le domaine de la santé.

Lire l’enquête : Coronavirus : comment la Chine a fait pression sur l’OMS

« Taïwan est dans la situation d’un étudiant qui se verrait interdit de cours mais aurait droit aux polycopiés », résume Pierre-Yves Baubry, un Français vivant à Taïwan. Par ailleurs, un accord conclu en 2010 entre Pékin et Taïwan sur la coopération sanitaire prévoit un échange d’informations en temps de crise. Dans ce cadre, deux experts taïwanais ont pu se rendre à Wuhan, à la mi-janvier, et Taïwan a pu récupérer les souches du coronavirus.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: