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Les groupes dissidents de l’organisation compteraient près de 2 300 combattants rejetant le processus de paix lancé en 2017.
D’anciens chefs de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui ont quitté le processus de paix en Colombie, ont annoncé qu’ils reprenaient les armes, dénonçant « la trahison » par l’Etat du pacte historique signéà la fin de 2016, dans une vidéo diffusée jeudi 29 août sur YouTube. « Nous annonçons au monde qu’a commencé la seconde Marquetalia [berceau de la rébellion marxiste en 1964] au nom du droit universel des peuples à se lever en armes face à l’oppression », a déclaré l’ancien numéro deux des FARC, Ivan Marquez dans cette vidéo de trente-deux minutes.
Le haut-commissaire de paix du gouvernement colombien, Miguel Ceballos, a réagi en qualifiant l’annonce de « très préoccupante », mais pas surprenante. Il a également demandé qu’ils soient recherchés au niveau international. « Malheureusement, ces personnes avaient, par leur comportement, déjà clairement exprimé qu’elles tournaient le dos à l’accord de paix » de 2016, a déclaré M. Ceballos à la radio locale Blu.
Trafic de drogue
Il y apparaît avec d’autres anciens chefs rebelles, également entrés dans la clandestinité depuis plusieurs mois. De la jungle du sud-est de la Colombie, Ivan Marquez annonce ainsi « la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l’Etat des accords de paix de La Havane », qui ont permis le désarmement, en 2017, de quelque 7 000 combattants de l’organisation armée, qui s’est depuis transformé en parti politique.
Le commandant Marquez avait été le chef de la délégation rebelle aux négociations de paix menées pendant quatre ans à Cuba avec le gouvernement du président centriste Juan Manuel Santos, au pouvoir entre 2010 et 2018. A ses côtés apparaissent armés un autre négociateur, Jesus Santrich, recherché par la justice pour trafic de drogue présumé et passé à la clandestinité il y a trois mois, et l’ancien commandant Hernan Dario Velasquez, aussi connu sous le nom de guerre d’« El Paisa ». Ils sont entourés par 17 hommes et femmes munis de fusils, devant une pancarte affichant le sigle FARC-EP (Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple).
Alliance avec l’ELN
« La fourberie, la duplicité et la perfidie, la modification unilatérale du texte de l’accord, la non-application de ses engagements de la part de l’Etat, les montages judiciaires et l’insécurité nous obligent à reprendre le maquis », a justifié Ivan Marquez lors de cette déclaration. « Nous n’avons jamais été vaincus, ni défaits idéologiquement, c’est pour cela que la lutte continue », lance-t-il, précisant que le nouveau groupe cherchera à cordonner ses « efforts avec la guérilla de l’ELN et avec les camarades qui n’ont pas replié leurs drapeaux ».
L’Armée de libération nationale (ou ELN, pour Ejercito de Liberacion nacional en espagnol), considérée comme la dernière guérilla active de Colombie, s’est renforcée ces dernières années, passant de 1 800 à environ 2 300 combattants, selon les autorités. Des pourparlers de paix, entamés en 2017, ont été enterrés par le gouvernement de l’actuel président issu de la droite dure, Ivan Duque, à la suite notamment d’un attentat contre l’école de police de Bogota revendiqué par l’ELN et qui a fait 22 morts en janvier.
Les groupes dissidents des FARC comptent aussi quelque 2 300 combattants armés, dont l’activité est surtout consacrée au narcotrafic et à l’exploitation minière clandestine, selon les services de renseignement militaires colombiens. Après la signature de la paix, les FARC s’étaient transformées en parti politique légal sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune. Mais des centaines d’anciens rebelles ont quitté le processus visant à mettre fin à plus d’un demi-siècle de guerre.
Offensive militaire
Ivan Marquez, désigné comme parlementaire FARC, avait pris ses distances il y a plus d’un an, reprochant déjà à l’Etat de ne pas respecter ses engagements. Une autre personnalité du mouvement, Jesus Santrich, soupçonné de trafic de drogue et accusé par les Etats-Unis de trafic de cocaïne après l’accord de paix, a disparu il y a trois mois et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Comme « El Paisa », ils sont requis par la juridiction spéciale de paix (JEP), chargée de juger les crimes commis durant la confrontation armée et qui peut décider de peines alternatives à la prison. Le chef du parti FARC, Rodrigo Londoño, alias « Timochenko », a pour sa part dénoncé un « coup bas », mais estimé que « la grande majorité des gens restent dans le processus » de paix. Allant dans le même sens, l’ex-président Santos a déclaré sur Twitter que « 90 % des FARC restent dans le processus de paix » et a appelé à « réprimer les déserteurs ».
« Ils vont rassembler d’autres ex-combattants insatisfaits du processus (…) Cela peut s’intensifier s’ils parviennent à une union avec l’ELN », a déclaré à l’Agence France-Presse le politologue Dario Villamizar, prévoyant « une offensive militaire » de l’Etat comme.
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