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Dans son dernier clip, qui sort ce dimanche, l’artiste réunionnaise continue son combat pour la tolérance. Elle y assume tout, à commencer par la fin de sa “transition”, comme elle nous l’explique. L’empereur, sa femme et le petit prince n’ont qu’à bien se tenir.
“Lundi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince sont venus chez moi pour me casser les couilles”. Voilà, raisonnablement provocateur, le début de la nouvelle chanson de Louïz, qui se poursuit dans une série de plans soigneusement pensés, tant sur l’esthétique pop que sur les messages véhiculés : à la fois un appel à la tolérance mais aussi une ode à la fête, dans une période où elle est mise sous cloche.
Dans ce clip, on voit Louïz sortir d’une pharmacie où elle vient d’acheter une boîte de “Dolirêve”, dont un cachet suffit à vous transporter dans une ambiance joyeuse. “On peut y voir une critique des influenceurs qui veulent nous vendre du rêve mais c’est plutôt une version de ce que risquent d’être nos vies si nous continuons dans un univers sans spectacles, sans rassemblements possibles, sans liberté de fêter, de célébrer : il ne nous resterait plus que ces paradis artificiels, que le gouvernement finirait par légaliser faute de mieux. Nous serions sur les réseaux sociaux et aurions notre petite pilule d’évasion”, explique Louïz.
“J’ai réalisé l’année dernière que j’avais terminé ma transition, que je sais enfin qui je suis, je suis contente de ce que je suis devenue”,
Ça, c’est pour la fête. Pour ce qui est de la tolérance, Louïz poursuit son chemin artistique en poussant encore les curseurs, s’affichant à demi-nue à la fin du clip. “Ce n’est pas pour provoquer, c’est pour envoyer de l’espoir à tous ceux qui se sentent différents parce qu’on les regarde comme différents”. Dans “Lundi matin” dansent des gay, des gros, des handicapés, des gens quoi.
“Libre”
“Je ne me suis jamais sentie aussi libre parce que j’ai réalisé l’année dernière que j’avais terminé ma transition, que je sais enfin qui je suis, je suis contente de ce que je suis devenue”, avoue l’artiste. Pour comprendre, il faut rappeler que la Louïz d’aujourd’hui il y a quelques années, Giovanni Louise, un jeune homme. Maintenant, c’est Louise Giovanni, une jeune femme belle, souriante et pleine d’énergie.
“C’est ma participation à Miss International Queen, en mars dernier, en Thaïlande, qui m’a fait réaliser que j’ai terminé cette transition. J’ai rencontré toutes ces filles, venues du monde entier, qui assumaient totalement ce qu’elles étaient, qui étaient fières. Et ça ma conforté dans ma propre fierté. Je l’avais déjà exprimée dans mes trois précédents clips, tout comme dans ma comédie musicale “La genèse de Dracula”. Mais là, j’ai avancé d’un grand pas”. Là-bas, Louïz avait terminé quatrième du concours de beauté mais première au concours des talents, avec l’une de ses chansons.
Militante de la cause LGBT, Louïz ? “Non, je n’ai jamais été dans cette forme de militantisme pur et dur. Je respecte bien entendu cette forme de revendication mais je ne suis pas sûre que taper du poing sur la table suffise à faire bouger les lignes. Je suis partisane des messages légers, comme ce clip, qui sont, j’en suis persuadée, très efficaces pour apporter la réflexion au cœur même des familles, sans même qu’on s’en rende compte”.
David Chassagne
En ligne ce dimanche
Projet en cours
Le morceau “Lundi matin” a été écrit par Louïz et un co-auteur basé en métropole, Olkan Elijah. La composition vient du duo Toffi Lowbo, de Montpellier. “Je vais approfondir ce travail électro-pop qui s’adresse autant au public réunionnais qu’extérieur”, explique Louïz. Un autre titre est déjà enregistré, d’autres en cours d’écriture, avec, peut-être, un EP en ligne de mire.
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