[Culture & Loisirs] Sarah MacCoy au Teat Saint-Gilles vendredi soir : “La France, c’est une renaissance”

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MUSIQUE. Sarah MacCoy à Saint-Gilles, vendredi soir, c’est un personnage totalement attachant porteur d’une musique qui n’a pas d’âge. Entretien tout sourire juste avant son arrivée.

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La Réunion, vous en aviez entendu parler avant ?

Pas vraiment. Je n’ai appris l’existence de La Réunion que quand le concert a été booké. Depuis, je me suis renseignée. Ce sera une bonne surprise, je pense. Je n’ai aucune idée préconçue du territoire sur lequel j’arrive mais j’aime bien ça, en général, ça me permet d’arriver avec l’esprit le plus ouvert possible. Je vais emmener mon maillot de bain, ça au moins j’en suis sûr !

 

Votre chemin, c’est un peu ça, non ? Partir sans savoir…

Le parcours de ma vie, c’est un chemin un peu aventureux. Rien n’était clair, pas comme maintenant, où j’ai un planning. Ce qui est sûr, c’est que la musique m’a sauvée la vie, j’y trouve un peu de thérapie et c’est surtout le moment où je suis en conversation avec moi-même, où je peux sortir ce qu’il y a dans mes tripes. Mais plus que me sauver, c’est un moyen de naviguer dans mes pensées.

 

Un exercice de solitude ?

Ça n’a pas toujours été comme ça. J’ai fait plein de voyages avec ma meilleure amie qui jouait du xylophone avec moi pendant longtemps. Ensuite, oui, je prends beaucoup de temps seule. Arrivée à Paris, je me sentais seule, mais c’était le bon moment. Bizarrement, je n’ai pas écrit beaucoup de musique à ce moment-là. Pendant le confinement, là c’était de la solitude pour de vrai, avec des petites choses qui m’ont guidée, de la création…

 

On a l’impression que vous êtes la pianiste des films de cow-boy, qui joue de la musique qui date de 100 ans et en même temps d’aujourd’hui. D’où vient cette musique ?

C’est une transmission d’ailleurs, je pense. Et puis il y a toutes les expériences de la vie. Ma vie n’est pas un vraie fantasme, j’ai vécu des choses étranges, extraordinaires, magnifiques mais aussi des choses dures. C’est pourquoi il y a beaucoup d’images dans mes paroles, que j’aime expliquer au public sur scène. C’est pour ça que je parle beaucoup entre les chansons (rires). Mes chansons sont des explorations de ma santé mentale, comment laisser vivre les moments de joie, comment me sentir dans ma peau.

 

“Une fucking reine !”

 

La France a été le début d’une deuxième vie, dites-vous. Pourquoi ?

C’est peut-être la troisième ou quatrième vie ! C’était un vrai choc, culturellement et apprendre une nouvelle langue, un peu tard dans ma vie, c’était me sentir à nouveau comme un enfant, à m’émerveiller de tout sans trouver les mots pour les exprimer, comme quand tu es tout petit. Je suis arrivée dans cette nouvelle vie avec la tendresse d’un enfant. La France c’est comme une renaissance !

 

Vous êtes toute seule avec votre piano sur de grandes scènes et vous n’avez pas peur ?

De temps en temps si. Mais c’est sain et puis ça ne va peut-être pas durer toute ma vie alors je profite de toutes ces sensations, tous ces souvenirs. Et parfois, je sors de scène pas trop contente, parce que j’ai mal chanté, mal parlé, c’est le côté risqué d’être en solo. Et c’est justement ce genre de soir où tu rencontres une spectatrice qui te dit : j’ai adoré ta musique, ton maquillage, tout. Le pire concert c’était en décembre où et je crois que j’avais le Covid. Je toussais, les médicaments marchaient pas, j’ai perdu ma voix sur la scène. Dans ma tête, je voyais les notes mais les muscles de ma gorge refusaient d’y aller, un vrai cauchemar. Je me suis dit : j’ai cassé ma voix pour de bon, c’est foutu. Après, j’ai arrêté la tournée.

 

On vous compare toujours à Nina Simone, Janis Joplin, c’est dur à porter, non ?

C’est un moyen pour les médias de parler de moi, je pense, parce que moi je ne me suis jamais dit ça. Nina Simone c’est une fucking reine ! Je suis nulle à côté d’elle. De temps en temps, quand c’est dur, je pense à ces femmes fortes comme ça, Nina Simone, Amy Winehouse… Même quand elles ont fait des concerts pas parfaits (sauf Nina Simone, où c’était toujours parfait), elles ont survécu, elles ont continué parce qu’elles étaient humaines. Ça me guide beaucoup.

 

Entretien : D.C.

 

 

Sarah McCoy vendredi 16/10 – 20h – Téat Saint-Gilles. Queen Favie en première partie.

 

 

 

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