[Culture & Loisirs] L’enfer c’est ce bouquin : une pétition demande le retrait d’un roman jugé insultant

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Lancée mardi soir, la pétition recueille plus de 2 600 signatures. L’objectif : obtenir le retrait, de toutes les librairies de La Réunion, du roman Zoreil Chapé, “L’enfer c’est les filles” de Matthieu Chalange, publié en 2019. Indignée par le caractère sexiste et misogyne du livre, Mathilde Lebon, activiste réunionnaise de 22 ans n’a pu s’empêcher de créer cette pétition en ligne. “Ce roman est une insulte à l’égard des femmes réunionnaises et participe à nous reléguer au rang d’objet sexuel exotisé censé satisfaire les pulsions maladives d’un homme occidental”, écrit-elle, profondément choquée. 

Il faut dire que le titre annonce la couleur… “L’enfer c’est les filles”. Dans son livre, le trentenaire qui a vécu trois ans à La Réunion, raconte l’histoire d’un métropolitain, un “zorey chapé qui tente d’échapper, via l’insularité, à une vie jugée morose”. Sa mission : “sortir les filles qu’il rencontre de leur misère affective et sexuelle”. Au fil des pages, le personnage principal va ainsi décrire, entre clichés et grossièretés, la vie sur une île qui “transpire la tentation charnelle”. 

Extraits de Zoreil Chapé, “L’enfer c’est les filles” de Matthieu Chalange : 

“Le syndrome du zoreil est une maladie psychosomatique qui provoque des accélérations du rythme cardiaque, des suffocations, des flashs sexuels et des érections soutenues chez certains métros exposés à une surcharge de bombasses sexuelles réunionnaises. Ce syndrome, assez fréquent, fait partie de ce qu’on peut appeler les troubles du voyage dans les îles.”

“Des filles courent dans leurs tenues de sport moulantes. Elles ont des cuisses dessinées. Les poitrines, bien que fermement soutenues par des brassières de sport, montent et descendent à chacune de leurs foulées. A La Réunion, le désir est transporté en solution par les embruns. Toutes les particules de l’île transpirent la tentation charnelle. Comment résister ?”

Les extraits publiés avec la pétition ont fait réagir les internautes. Sur Facebook, les commentaires dépassent la barre des 300. Sous la publication de Mathilde Lebon, les avis sont mitigés :

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Contactée, la maison d’édition ne comprend pas la pétition. “Cette démarche est inédite ! Les gens qui pensent qu’il s’agit d’un livre misogyne ne l’ont surement pas lu”, assure Colette Berthier, éditrice pour les Editions Poisson Rouge. Elle précise que cette fiction n’a reçu aucune aide de la Région Réunion, contrairement à ce qui est indiqué dans la pétition. L’éditrice reconnaît toutefois l’obsession de l’auteur pour le sexe mais explique qu’il s’agit de son ton. “C’est sa liberté d’expression. Après on aime ou on n’aime pas, mais je n’y vois pas une raison de censurer ce livre”. Pour les Editions Poisson Rouge, il n’est donc pas question de retirer l’ouvrage des étales réunionnaises. 

Afin de recueillir sa réaction, nous avons essayé d’entrer en contact avec l’auteur. Mais celui-ci vit désormais en métropole et a préféré nous faire savoir qu’il ne voulait pas répondre à nos questions par téléphone. Pour l’interviewer, il fallait se prêter au jeu du téléphone chinois et passer par la maison d’édition. “Pour parler de ce genre de sujets, sensibles, il faut faire attention à ce qu’on dit”, nous explique son éditrice. Au lieu de se défiler, l’auteur aurait peut-être dû faire attention à ce qu’il écrit.

 

Valeska Grondin

 

 

 

En janvier dernier, notre journaliste Marine Dusigne avait rédigé une critique dans le Journal de l’Île. Elle n’avait pas réussi à dépasser les premières pages. Finalement, l’enfer, c’est ce bouquin. La critique de Marine à lire ci-dessous :

« Zoreil chapé » roman de la banalité

Autant le dire tout de suite, appréciant les éditions du Poisson Rouge j’ai eu envie de me précipiter en premier sur sa dernière publication, le roman de Matthieu Chalange, « Zoreil Chapé ». Mais, dès les premières lignes j’ai su que ce n’était pas une bonne idée ! L’auteur m’a désenchantée avec une écriture ordinaire  sinon vulgaire au sens premier du terme souvent galvaudé. Je n’ai d’ailleurs pas dépassé la dizaine de pages, refilant le « bébé »à l’une de mes plus jeunes consoeurs à charge pour elle de le chroniquer en espérant qu’elle ait pu aller plus loin dans la découverte de cet écrivain de sa génération  dont la façon d’écrire ou de parler pourrait être un atout familier. Les goûts, les couleurs, les tendances, les humeurs… souvent fluctuent entre les âges de la vie. En attendant, pourquoi j’ai calé sur ce premier essai de romancier ?  Aucun intérêt à lire les énièmes commentaires  d’un  jeune métro débarqué pour deux ou trois ans à la Réunion, assez gros doigts pour raconter ses expériences  de chercheur de bonheur et d’exotisme ou plus simplement de dragueur  au coeur de notre insularité, avec pour le coup, pléthore de clichés qui ne font pas rêver et dont on a franchement ici rien à cirer, sorry. La perle se niche peut-être à la fin du bouquin, mais, tant pis, je ne le saurai jamais ! …

M.D. 

 

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