[Culture & Loisirs] Le Graffiti à Saint-Denis, c’est de la bombe !

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ART. Lancement aujourd’hui de la seconde édition du Festival de Street-Art imaginé par un pro du Graff, Eko, pour booster la création pays et notamment celle qui, d’année en année, surgit sur les murs de Saint-Denis, c’est confirmé, avec embellie.

Jusqu’au 25 octobre, La Cité des Arts devient le coeur d’un festival qui a débuté l’an dernier du côté des Camélias, quartier où est née l’association FAT CAP, en 96, grâce à Eko et son dalon Konix. Un essai transformé avec succès et qui, en toute légitimité, transite  aujourd’hui vers la  Cité, vitrine dionysienne privilégiée en ce domaine, en attestent les fresques, qui dehors comme dedans exposent les talents des graveurs  de ce département ou de résidents venus d’ailleurs. Avec annuellement des « monstrations » et autre installations, au Fanal pour consacrer les plus grands, le street-art ayant  depuis longtemps, hors les murs, de quoi épater les galeries. 

 

Eko, qui préside aux destinées de cet événement festivalier, se réjouit de pouvoir ancrer son projet dans ce temple de l’art, avec débordement  d’oeuvres et de créations collectives ou en solo dans la ville, comme lors de la précédente édition. Ses préoccupations ? « Faire rayonner ce festival et ce qu’il propose en attirant à Saint-Denis  toute la population de ce petit pays, voire celles  d’amateurs venus d’ailleurs qui envisagent le tourisme par le biais de l’art et programment leurs vacances pour débusquer les must du street art partout sur la planète ! » s’enflamme cet EKO connu aussi sous le label trois lettres LSA qui, dès le début de cette aventure, définissait le festival comme un enjeu important.

 

Celui de « faire connaître les artistes locaux, sensibiliser la jeunesse réunionnaise aux vertus  de l’art urbain, favoriser  et les rencontres internationales dans ce milieu dynamique ». Il nous redit ici combien les échanges entre artistes de tous les pays sont précieux pour un partage d’expérience fructueux mettant en lumière des talents souvent insoupçonnés, vu que l’émulation fait merveille.  Il insiste  d’ailleurs sur la volonté de professionnalisation de ce secteur pour permettre son entrée sur le marché de l’art. «  Car  vu qu’il existe trop peu de galeries à la Réunion pour exposer les graffeurs, dans les meilleures conditions , cette Cité des Arts s’avère une bénédiction pour une mise en valeur techniquement pro ».

 

 

Street-artists péi en tête

 

La menace Covid a fait planer pas mal d’incertitudes et atermoiements autour de l’organisation de l’événement. « Mais les annulations en série, compte tenu des conditions sanitaires empêchant la venue d’une dizaine de participants extérieurs, ne nous a pas dissuadés de maintenir un festival qui fera la part belle aux graffeurs pays, une vingtaine (voir plus loin) bien implantés dans le paysage local, national voire international, avec seulement trois artistes venant d’autres horizons ». Ceet, qui est basé à Hong Kong, Siker et Pare qui eux viennent de Toulouse.

 

« Du coup, Covid oblige nous n’aurons pas cette année les soirées événementielles, sorties en boite et autre dérivatifs festifs, mais tout sera concentré  à la Cité qui peut accueillir sur son esplanade 600 personnes dûment masquées, en toute sécurité », résume le président qui se veut rassurant sur le déroulé de cette manifestation longue durée. « Pour commencer aujourd’hui et demain un workshop s’ouvre à la Cité, permettant aux artistes de se réunir et de créer collectivement des oeuvres en public, ce qui, malgré les difficultés de l’exercice  consistant à faire une oeuvre en deux jours, reste un moment convivial  voire spectaculaire ! ».

 

A noter que les réalisations de ce workshop seront ensuite exposées  et à vendre  dès le 14 à la Cité, sachant que deux autres expositions dans le cadre du festival sont programmées l’une, dès le 16, à La Galerie Australe (qui depuis des années convie le must du street-art à la Réunion, témoins, Jon’One, Speedy Graphito, Nimbus and co), l’autre, dès le 13 chez So Hype qui donnera un coup de projecteur à  Siker.

 

 

 

Block Party en bonne cie

 

Autre temps fort de la quinzaine, les 17 et 18 week-end  dévolu à la  Graffiti Block Party, toujours à la Cité, pour la réalisation d’une nouvelle fresque géante et collective. « Les artistes iront ensuite, du 19 au 25, investir Château Morange, les Camélias, la Médiathèque  pour réaliser des façades hautes en couleurs avec la participation des habitants ». Histoire de valoriser l’espace urbain en camouflant, notamment, les sinistres boites électriques qui déparent le décor.

 

« Il convient,  dans ce genre de festival,  de programmer aussi des ateliers pour initier les jeunes classes à partager l’expérience de leurs aînés graffeurs, comme une invitation à créer dans leur quartier », notre encore Eko, qui déplore que cette année il ait fallu reporter ce temps fort du festival  pour cause de pandémie, et donc reprogrammer les rencontres pour des jours meilleurs. « Pas question d’annuler purement et simplement une action  de transmission qui nous tient particulièrement à coeur et que nous menons avec des professionnels de l’art. Nous veillons  d’ailleurs à longueur d’année sur ce foyer de création très actif à la Réunion et nous avons déjà de quoi présenter les derniers talents émergents aux côtés des street-artistes, femmes et hommes,  confirmés». Des Abeil One, Gorg One, Emma di Orio, Mo Armen, Nayh, Oner, Sept, Vincent Box, Yren, Ice,  Kebz, Konix, Macak, Maler, Repy, Roko, Sept, Vincent Box, Yann Le Gall, Yren et, of course, Eko LSA et Konix, et on en oublie… Ça fait du monde pour nous évader le regard à la ronde !

 

Marine Dusigne

 

*2e Festival  international de Street-Art à La Cité des Arts de Saint-Denis du 12 au 25 octobre.
 

 

En bref….

 

 

Fresques aux Camélias

Cet exercice  de musée « Out » concerne cinq artistes, Ceet, Dey, Eko LSA, Konix, Nayh, Roko et Yren qui vont refaire les façades du côté de la Médiathèque François Mitterand,  de Château Morange et des murs des Camélias du 19 au 25 octobre. A vous de voir.

 

Expositions

 
*Du 13 au 18 octobre, de 10h à 17h sélection d’oeuvres et d’objets seront présentés à la Boutik Ephémère de la Cité que rejoindront les invités du festival à l’heure du goûter pour des séances de dédicaces.

 

 *Du 14 au 18 octobre dans la salle de médiation de la Cité  exposition collective de Réunion Graffiti 2020, de 10h à 17h, avec en guest stars les oeuvres de CEET, Siker et Sare.

 
*Du 16 au 30 octobre, expo Eko LSA à La Galerie Australe , 15 rue Mgr de Beaumont

 

Live painting

 

*Aujourd’hui lundi et demain mardi de 10h à 17h Workshop à la Cité, pour les artistes festivaliers, ouvert au public

 

 *Samedi 17 et dimanche 18 octobre de 10h à17 h à la Cité, Graffiti Block party, réalisation d’une fresque collective, et possibilité de rencontres avec les artistes pour les visiteurs.

 

* Mardi 13 octobre de 18h à 22h à la Boutique So Hype, 131 rue Jean Chatel à Saint-Denis, performance et expo de Siker.

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