[Culture & Loisirs] La Réunion rend hommage à Tiloun, figure emblématique du maloya

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Avant de sortir son premier album, “De pat atèr” en 2008, Tiloun a mis du temps avant de se lancer. Ses premiers pas dans la musique, il les a fait dans le quartier de la Source à Saint-Denis, quand il intègre le foyer des jeunes en 1978. À l’époque, avec d’autres dalons, il peut passer des nuits entières à jouer et chanter. Le déclic arrive des années plus tard quand Gilbert Pounia, leader de Ziskakan, lui demande d’assurer la première partie du concert qu’il donne pour célébrer ses 15 ans de carrière. Puis son fils lui glisse que ça serait bien que lui aussi laisse une trace.

 

Depuis, Tiloun faisait résonner son maloya traditionnel partout. Ses textes touchants, n’ont d’égale que sa musique qui prend aux tripes. Lui n’est pas réfractaire au mélange du maloya avec d’autres genres. Au contraire. “La vie évolue, le monde évolue, c’est normal qu’on en arrive à faire des mélanges. Par contre, ce n’est pas parce que quelqu’un ajoute des sonorités jazz dans sa musique qu’il fait du maloya traditionnel!” Pour vous, c’est quoi être la relève ? “Maloya la pa nou la fé et la pa nou va fé maloya pour la relève”.

 

Veillée à Primat

La veillée est prévue aujourd’hui au centre funéraire de Primat, où le corps de Tiloun devrait être installé dans la matinée. Elle durera certainement tard dans la nuit au fil de l’arrivée des musiciens qui viendront lui rendre hommage.

 

 

Nos condoléances

Le Jir salue l’immense apport de Tiloun à la poésie et la musique réunionnaises et adresse ses condoléances à son épouse, son fils, son petit-fils, toute sa famille.

 

> Ils sont tristes

 

Patrice Treuthardt, fonnkézèr

“On devait se voir vendredi dernier, il m’avait un donné un recueil de ses poèmes pour relire, apporter des petites corrections. Ça s’appelle Litani pou mon péi. Mi rapèl nou té joué avec Ziskakan dann Foyer Lasours et li navé un groupe i té apèl Zordi, avec Max Grondin. Li navé 15 ans. Tiloun té un moun franc, honnête, grand défenseur de la langue et son écriture est pleine de domounité, mi dirais”.

 

Danyèl Waro

“Tiloun, sé in koulèr, in voix, in manyèr chanté, in présence. Nou la croise anou souvent kan navé bann vrai kabar. Li té dans la transmission, le fékonèt et au fur et à mesure, li la passe dovan, la amélioré, la gagné la confiance bann professionnels”.

 

Pascal Saint-Pierre, directeur du Bisik Saint-Benoît

“Nous l’avions reçu le 13 décembre dernier avec un grand bonheur et devions le retrouver le 21 juillet dans le cadre de Ça s’appelle reviens… Des retrouvailles qui n’auront pas lieu. Ou va mank anou ! Un maloya brut et sans concession politiquement pas toujours correct, mais éveillé, conscient, politisé et poétiquement direct !”

 

Christine Salem (sur Facebook)

“Bon voyaz

Na Tyinbo flanbo 

na ral ali an karo 

Po l’amour Maloya 

Na Tyinbo gayar

Nout kèr an plér 

Pou Larg la doulèr”

 

Odilon, directeur du Kerveguen Saint-Pierre

“Il venait de passer une semaine chez nous, en résidence où ils avaient créé cinq morceaux. Tiloun était en forme, li té kas le kui, comme toujours. En tournée, Tiloun té nout papa, nous dada, nout tonton, nout frère”.

 

Jérôme Galabert, directeur du Sakifo

“C’est Firmin Viry qui m’avait présenté Tiloun à Saint-Pierre. Il m’avait dit : ce jeune-là, il faut le suivre. C’est ce qu’on a fait, avec un immense bonheur”.

 

Firmin Viry (sur Réunion 1ère) 

“C’est une grande peine. C’était un père pour nous. Il a défendu notre culture, notre maloya”.

 

Ziskakan (sur Facebook)

“La famiy Ziskakan zordi i pans Tiloun Ramoune… Nou pans son famiy osi lé la la dann niaz la tristès. Ti Loun, out kozé, out manyèr santé, out gayar kréol, out sourir va mank anou…”

 

Tikok Vellaye

“Li fait partie de nout guides. Nou la connu anou Lasours, dan la kour, dans chemin, nou té chante ses premiers textes comme Oté Mon Kafrine, avec Laurent Dalleau, Benoît Duverville… Mais li té reste toujours discret. Il avait étudié la médiation sociale, c’était l’affaire de sa vie, la transmission, donner la main aux jeunes”.

 


Les élus rendent hommage

 

“La musique réunionnaise vient de perdre un de ses plus fervents défenseurs. Chacune de ses prestations était un moment unique de générosité. Son charisme et sa présence scénique resteront dans les mémoires au même titre que celles d’autres chanteurs dionysiens disparus, comme Maxime Laope ou Jules Arlanda”, écrit Didier Robert, président de Région.

“Dans ses textes, dans sa musique, avec sa voix, Tiloun a exprimé avec talent son attachement viscéral au maloya traditionnel de La Réunion – Ô Maloya ! – et sa recherche constante d’ouverture et de mélanges. Ce message était au cœur même de la mission d’éducateur, que Tiloun a exercé toute sa vie, et qui mérite elle aussi d’être saluée aujourd’hui”, souligne Cyrille Melchior, le president du Conseil départemental. 

“La communauté du maloya a perdu l’un de ses tenants et la culture réunionnaise l’un de ses fils, réagit Ericka Bareigts. À la mairie de Saint-Denis, Jean Michel Ramoune exerçait ses fonctions au sein de la Direction Centrale des Mairies Annexes. Il assumait ces missions avec rigueur et sérieux. Il était apprécié de ses collègues. Mais pour tous les Réunionnais, Jean-Michel Ramoune était avant tout Tiloun, maloyèr de talent, posant ses pas dans le chemin tracé par Firmin Viry, son inspiration et son modèle”.

“La  mort  de  Tiloun  me  touche  profondément, écrit Huguette Bello. Tiloun était un ami, un compagnon sur le chemin de l’émancipation, un combattant de la liberté qui portait haut l’Homme réunionnais. Le souffle poétique de Tiloun est inscrit dans l’âme réunionnaise”. 

“Merci Tiloun pour ta poésie. Adieu Tiloun. Pou ou, nou va kontinué nout Maloya”, écrit Maurice Gironcel tandis que le député Jean-Hugues Ratenon salue “un ami, un frère qui nous quitte. Il m’a souvent donné des conseils. Des mots qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire et qui me guideront pour les combats futurs”.

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clicanoo

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