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Le maloya, encore une fois, est en deuil aujourd’hui. L’un de ses illustres aînés, au plus fort de ses 83 printemps, a tiré sa révérence : Simon Lagarrigue dont les chansons ont nourri au fil du temps le répertoire populaire, celui que tout le monde s’approprie parce qu’il fait partie de la vie d’ici.
Homme discret s’il en est, toujours un peu dans l’ombre de son beau-frère Firmin Viry, il a pourtant fait de la « Résistance » dès les années 60 avec la Troupe du même nom qu’il a alors inscrit au patrimoine vocal sans jamais changer de voix (ni de voie) avec des compagnons en musique de la trempe des Lacaille.
« Pratiquant » comme il disait du séga-maloya il voulait que tout le monde puisse se reconnaitre dans ce qu’il chantait en créole, sans sacrifier, jamais, à l’une ou l’autre « chapelle ». Sa liberté. Un mot éloquent pour sa génération qui a connu les outrages liés aux changements imposés par la départementalisation, dans ses jeunes années. quoi inspirer plus d’un chant, évoquant la lutte pour l’autonomie, l’égalité des droits et des traitements, la défense de la liberté d’expression… sujets éminemment politiques dans la société ultra conservatrice de l’époque.
Tout au long de sa vie il a continué à les entonner à l’envi, arguant que ses chansons « sont faites pour être chantées », jusqu’à ce qu’il parte, de l’autre côté.
Il aimait dire, Simon, connu sous son petit nom de DADA qui a grandi du côté de la Ligne Paradis, que ses aînés, le Rwa Kaf, Gramoun Lélé avaient acquis leur renommée parce qu’ils avaient réussi à les pousser sur scène, quand les retenait encore leur statut de descendants d’esclaves.
Et l’une de ses fiertés à ce Lagarrigue-là, fils d’un papa moringueur, aura été de participer avant l’heure à la réhabilitation du maloya qui fait partie aujourd’hui du patrimoine mondial de l’humanité. Il a attendu 2007, l’âge de ses 70 ans pour enregistrer son premier album solo. Il nous laisse quelques enregistrements en ligne et notamment « un ti l’air pour la route » qui le garde bien vivant dans nos pensées. Elles vont aujourd’hui à ses enfants et aux héritiers de son métier.
Marine Dusigne
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Les réactions au décès de cette grande figure du maloya n’ont pas tardé à tomber :
Emmanuel Séraphin, Président du TCO :
C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris le décès de Simon Lagarrigue. La Réunion perd un zarboutan.
Grande figure de la culture réunionnaise, Simon, musicien, chanteur, compositeur, a œuvré toute sa vie pour faire rayonner le maloya dont il a été l’un des grands défenseurs.
Je tiens à lui rendre hommage et à le remercier d’avoir résisté et « batayé » pour notre culture, et d’avoir permis à chacun d’entre nous d’y accéder au travers de son œuvre.
La Réunion perd sans aucun doute une part de sa mémoire.
J’adresse à toute sa famille et à ses proches mes très sincères condoléances.
Olivier Hoarau, Maire du Port :
Simon Lagarrigue nous a quitté. Une des dernières grandes figures du Maloya laisse derrière lui un patrimoine musical et culturel inestimable.
De lui, nous devons surtout retenir les combats menés pour la liberté et l’égalité sociale au sein du Parti Communiste Réunionnais. Ce militant discret mais infatigable a montré la voie et a porté la voix des plus fragiles.
Il aura participé au rayonnement de notre identité culturelle au-delà des frontières de notre île.
Nou pèrd in zarlor, in zarboutan.
A ses proches, à son beau-frère Firmin Viry, à la grande famille du Maloya et à tous les Réunionnais, je veux témoigner ma profonde tristesse et mon soutien le plus entier.
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