[Culture & Loisirs] Cinéma : Notre “petit piaf” retourne à l’école

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CINÉMA. Après deux mois de tournage avec Gérard Jugnot, Soan va retrouver son collège. Dans sa tête, des envies de continuer dans le cinéma et la chanson, mais pas en professionnel. Son rêve, c’est architecte !

Il n’a plus sa mèche bleue dans les cheveux, notre Soan. On écrit “notre” parce que l’ado de “13 ans et demi” (14 ans en janvier) est toujours aussi populaire dans toute l’île, et parce qu’à chaque rencontre, il reste naturel, enthousiaste, souriant, blagueur. Bref, on l’aime toujours autant.

 

La mèche bleue, il ne pouvait pas la garder pour interpréter son personnage, rôle principal de “Le petit piaf” dont le tournage vient de se terminer à La Réunion. “Marc Lavoine est parti la semaine dernière, Steffi Celma, hier et Gérard doit partir ce soir je crois”, indiquait Soan, hier peu avant midi, dans une conférence de presse à l’hôtel Boucan-Canot. “Gérard”, c’est Jugnot, avec qui Soan a “adoré travailler : il est comme moi, toujours à faire des vannes, toujours à rigoler. Pendant huit semaines, le tournage a été comme ça, super, à rigoler tout le temps, avec Marc Lavoine, avec les autres enfants, entre les prises et même souvent pendant les prises, ce qui nous obligeait à les refaire plusieurs fois”.

 

Pendant que ses camarades de 4ème au collège Bédier de Saint-André faisaient leur rentrée, Soan tournait du lundi au vendredi. “J’ai quand même travaillé en distanciel, avec les cours que les profs m’envoyaient par Pronote, exactement comme pendant le confinement. Mais c’était surtout des révisions, donc ça allait”. On imagine que l’ex-vainqueur de The Voice avait surtout la tête dans ce film, son premier, et surtout ce personnage “qui ne me ressemble pas vraiment : d’accord, il chante tout le temps, mais il est plutôt triste alors que moi, dans la vie, je suis joyeux”.

 

Un rôle “facile”

 

 

Un rôle de composition que Soan a trouvé pourtant “facile”. “On nous donnait la veille ce qu’on avait à jouer le lendemain et l’avantage c’est qu’on n’était pas obligés de dire les phrases exactement comme elles étaient écrites, on les jouait comme on le sentait”. Les scènes se tournaient partout dans l’île, avec deux autres enfants, “Ornella, que je connais depuis le CP et puis Zacharie, que j’ai rencontré sur le tournage, ensemble on s’entend trop bien. Avec les figurants, c’était super”.

 

Sur un nuage, Soan. Mais en même temps avec les pieds bien sur terre. Pas le genre à s’enflammer, notre ado qui a clairement gagné en maturité. “C’est lui qui décide, c’est comme ça qu’on fonctionne, souligne Nono Arhiman, son père qui fait office d’agent depuis le début de cette aventure. Il y a eu trois propositions de films, on les a mises sur la table et c’est lui qui a décidé, parce que le rôle lui plaisait, l’équipe aussi”. L’argent, dans tout ça ? “95% est bloqué sur un compte jusqu’à mes 18 ans, répond Soan qui maîtrise parfaitement le sujet. J’ai droit à 5%, ce qui va me permettre de m’acheter ma PS5″, lâche-t-il malicieusement.

 

“Mais je ne suis pas une star, moi !”

 

Et Soan n’a pas changé de discours : “Je ne veux pas faire de la musique ou du cinéma mon métier parce que je ne veux pas que ce soit une obligation de chanter ou jouer. Il faut que ça reste une passion alors comme métier, je veux devenir architecte”. Ce qui suppose de retourner vite au collège. Ce sera mardi, avec une envie “un peu entre les deux, j’aime pas trop rester assis toute une journée sans parler”. La famille, en tout cas, avance avec prudence : “Si on a organisé une conférence de presse aujourd’hui, c’est pour que Soan ne soit pas dérangé cette semaine, explique Nono. On ne sait pas du tout ce que ça va donner, on fait attention”.

 

L’aide de Manu Payet

 

Des précautions que la famille Arhiman s’efforce de maintenir autour de leur enfant très sollicité. Par les pubs, notamment. On le voit sur des 4×3 comme ambassadeur d’une marque de lunettes, il a aussi posé pour une enseigne d’électroménager. “ “Là encore, c’est lui qui décide”. C’est des rencontres, on ne le force pas”, insiste Nono.

 

Sollicité aussi par le cinéma. “On a eu de nouvelles propositions, mais on a discuté avec Marc Lavoine, Gérard Jugnot, Manu Payet aussi nous a beaucoup aidés. Ça nous donne des arguments pour mieux réfléchir, mieux choisir. L’avantage du cinéma, c’est que tout est très contrôlé concernant les enfants : le temps de travail sur les plateaux, la rémunération, les droits, les obligations. Un enfant n’a pas le droit de tourner plus d’un projet par an, par exemple”, décrit le papa.

 

Sollicité enfin par la musique. Mais là encore, ti pa ti pa… Soan n’est pas prêt pour des prestations scéniques. Le single enregistré après The Voice chez Universal devrait en revanche sortir “d’ici la fin de l’année”. C’était le lot offert au gagnant, un titre en français écrit et composé par des grands noms de la pop française. Le tournage du clip, lui, a été reporté pour cause de Covid.

 

Du coup, on quitte Boucan avec notre Soan entouré de micros, de caméras, toujours aussi disponible, rieur et intelligent. Son père aura eu l’occasion de nous rappeler le deal précédent : “On lui avait dit : pas de félicitations à l’école, pas de film. Comme il a eu les félicitations, il y a eu film”. Sous-entendu : pas question de se prendre la grosse tête. Soan, de toute façon, est au clair avec ça : “Mais je ne suis pas une star, moi !”

 

David Chassagne

 

 

 

 

 

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