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Sa Majesté Rama X a été promenée en palanquin, dimanche, autour du Palais royal devant une foule de dizaines de milliers de sujets, dont la majorité n’avait jamais assisté à un tel événement. Le dernier couronnement remontait à 1950.
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Juché sur un trône étincelant placé sur un palanquin porté par des hommes coiffés de casques d’or, le roi Wajiralongkorn, Rama X selon son nom dynastique, a été promené en fin de soirée, dimanche 5 mai, autour du Palais royal, situé au centre historique de Bangkok.
Dans la foule, où tous les sujets de Sa Majesté avaient uniformément revêtu des chemises jaunes, la couleur du roi, très peu étaient sans doute en mesure de se souvenir d’un tel événement : le dernier couronnement remonte à 1950, quand avait été sacré roi le père de l’actuel souverain, Bhumibol Adulyadej, mort en 2016 à l’âge de 88 ans, après avoir régné sur la Thaïlande durant sept décennies.
Rama X, 66 ans, qui a connu durant de longues années le sort que le prince Charles d’Angleterre connaît encore, est ainsi le plus vieux souverain de la dynastie Chakri – fondée en 1782 – à devenir roi.
Au passage d’un cortège que des Thaïlandais ont attendu parfois depuis l’aube, certains s’étant massés sur la grande avenue Ratchadamnoen dès cinq heures du matin pour être sûrs d’être assis au premier rang à même le trottoir, la foule agitait avec un bel ensemble le drapeau thaï tricolore et le fanion jaune du roi.
« Roi dieu »
Chaque jour de la semaine correspond, pour les membres de la famille royale, à une couleur différente et celle du lundi est le jaune qui, par coïncidence, est le jour de naissance de l’actuel souverain et de son père. Depuis soixante-neuf ans, le jaune est ainsi la couleur omniprésente d’une monarchie constitutionnelle où le roi a un statut de devaraj (roi dieu) : le rôle du souverain déborde ici largement, au niveau politique, d’un statut qui est, en théorie, cependant, comparable à celui de la reine d’Angleterre.
Alors que la nuit venait de tomber sur Bangkok, dans la chaleur étouffante (37 °C) de la période précédent l’arrivée des pluies, le roi Vajiralongkorn a regardé son peuple l’acclamer avec l’impassibilité requise pour un souverain, toujours censé garder un visage sans expression en public. Tout juste si, de temps à autre, un très léger sourire à peine esquissé montrait qu’il acceptait l’hommage de la foule rassemblée, d’où montaient les cris de « vive le roi ».
Même si la popularité de ce roi à la réputation d’imprévisibilité est loin d’être comparable à celle de son défunt père, qui fut adulé durant son interminable règne, la ferveur manifestée dimanche en dit long sur l’importance de l’institution monarchique dans l’ancien royaume de Siam : pour nombre de Thaïlandais, même si certains, dans la plus grande discrétion, osent se montrer parfois iconoclastes, le roi reste pour la majorité du peuple le garant de la stabilité d’un pays qui s’est souvent retrouvé sur la corde raide. Depuis le coup d’Etat de 1932, préparé par des officiers et des intellectuels éduqués en France, et qui mit fin à un siècle et demi de monarchie absolue, l’armée s’est emparée onze fois du pouvoir.
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