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Les haricots de la colère. On pourrait aisément surnommer ainsi les conserves Goya Foods, particulièrement prisées par la communauté latino-américaine, tant elles déchaînent en ce moment les passions aux Etats-Unis. Tout commence le jeudi 9 juillet quand le petit-fils du fondateur et PDG de la marque, Robert « Bob » Unanue, affiche son soutien à Donald Trump, depuis la Maison Blanche. « Nous sommes tous bénis d’avoir un dirigeant comme Donald Trump », déclare-t-il : « c’est un admirable bâtisseur ». La phrase a instantanément provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.
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#BuyGoya ou #BoycottGoya, les « pour » et les « contre » s’affirment en ligne
Goya a conquis l’Amérique et dégage un chiffre d’affaires annuel de 1,5 milliard de dollars. Mais le récent soutien affiché au 45e président des Etats-Unis pourrait affecter les résultats du numéro un sur le marché. Dans la communauté hispanique, cible première de Goya, quelques-uns défendent bien la marque, avec des tweets incluant le mot-clé #BuyGoya (#AchetezGoya).
@PortFOBlife Latinos say Hell NO to Socialism! NO to Biden. Yes to Trump- Yes to FREEDOM!!!! #Trump2020 #Trump2020 #BuyGoya #BuyGoya
« Les latinos disent un grand NON au socialisme ! NON à Biden. Oui à Trump. Oui à la LIBERTE ! »
Mais le président américain ne bénéficie pas d’une très bonne opinion chez tous les Américains d’origine hispanique, faute notamment à sa politique migratoire et à ses affirmations sur les immigrants mexicains – « [Ils vont] apporter de la drogue. Ils apportent du crime. Ce sont des violeurs », avait-il déclaré pendant la campagne présidentielle de 2016. Beaucoup appellent donc au boycott de la marque avec le hashtag #BoycottGoya (ou encore #Goyaway, jeu de mot avec « go away », « allez-vous-en »).
Keep it going! #BoycottGoya #Goyaway https://t.co/kp9mynwuD9
« Mon supermarché est à court de haricots. Il ne reste que des Goya, personne n’en achète ! » ; « Continuez ! »
Le boycott dépasse les frontières américaines et les communautés latines de toute l’Amérique rejoignent le mouvement.
@Jezus808 @GoyaFoods Absolutely! My whole family supported Goya and will no longer do so. This extends beyond the U… https://t.co/nhKzWhWlVZ
(« Ma famille latino vous soutient, d’aussi loin que je me souvienne. Nous vous avons acheté des produits à la boutique du coin bien avant que vous soyez en vente dans les grandes surfaces. C’est comme cela que vous nous remerciez ? Je ne me suis jamais senti aussi trahi par une marque dans ma vie. Vous approuvez notre propre oppression ».
« Absolument ! Toute ma famille a soutenu Goya et nous ne le ferons plus. Cela dépasse les Etats-Unis. J’habite au Canada et toute ma famille et mes amis latinos n’utiliseront plus leurs produits. C’est une gifle en plein visage ».
Robert Unanue a refusé de s’excuser et a affirmé sur FoxNews que le mouvement #BoycottGoya était une tentative d’atteinte à « sa liberté d’expression ».
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Le vote de la communauté latino-américaine, un enjeu électoral
« Une simple marque d’aliments en conserve raconte mieux l’Amérique qui s’apprête à voter que n’importe quelle analyse géopolitique », remarque ce lundi le journaliste Anthony Bellanger sur France Inter. La scission provoquée par l’affaire révèle un enjeu électoral : le vote des Latino-Américains lors de la prochaine présidentielle américaine. Cette réaction forte pourrait avoir de lourdes conséquences pour Trump, candidat à sa réélection.
Alors qu’il ne recueille seulement qu’entre 5 % et 10 % d’opinions favorables auprès de la population afro-américaine, 25 % des Latinos le soutiennent. Or les Latino-Américains représentent 18 % de la population américaine, un chiffre non négligeable à l’approche d’une élection. Ils sont nombreux dans les Etats du sud comme l’Arizona, le Nevada ou la Floride, connus pour être des « swing states », des Etats qui ne sont pas traditionnellement acquis aux démocrates ni aux républicains, et dont l’électorat peut « basculer » (swing) d’un bord à l’autre à chaque élection.
Espérant récolter l’approbation de cette communauté, les proches du président des Etats-Unis s’affichent désormais sur les réseaux sociaux, boîte de conserve à la main. Comme sa fille et conseillère, Ivanka Trump, qui a ravivé la polémique avec un Tweet reprenant le slogan de Goya Foods, le 15 juillet :
If it’s Goya, it has to be good.
Si es Goya, tiene que ser bueno. https://t.co/9tjVrfmo9z
« Si c’est Goya, c’est que c’est bon. »
Donald Trump lui-même a posté mercredi sur Instagram une photographie le mettant en scène, derrière le bureau ovale, entouré de produits Goya.
Plus tôt dans la journée, il avait tweeté, à propos des ventes de la marque : « La campagne de dénigrement de la gauche radicale s’est retournée contre elle, les gens achètent en masse ! » Du côté de l’opposition, la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a précisé dans un Tweet ironique qu’elle cherchait désormais à préparer son propre adobo (marinade qui assaisonne la cuisine portoricaine) sans avoir à passer par la marque Goya.
Oh look, it’s the sound of me Googling “how to make your own Adobo” https://t.co/YOScAcyAnC
« Oh regardez, c’est le son que je fais quand je tape sur Google adobo. »
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