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Tribune. Ce n’était pas vraiment un putsch. Le 6 janvier, le Capitole n’a pas été pris d’assaut par l’armée, mais par un groupe non organisé de partisans du président Donald Trump, composé en majorité d’hommes blancs d’âge moyen. Certains étaient habillés en supporteurs de football, en faux soldats, en Spartiates ou en shamans. D’autres portaient le drapeau confédéré ou des symboles nazis.
Lorsqu’ils sont arrivés au cœur de la démocratie américaine, ils n’ont pas publié de manifeste ni instauré de gouvernement alternatif. Ils ont déambulé dans le Capitole, pris des selfies, embarqué quelques souvenirs, cassé des meubles, et voilà tout.
Adeptes des théories complotistes
Cet assaut est un choc – c’est la première fois que le Capitole est envahi depuis que les Britanniques l’ont brûlé en 1814. Mais il n’aurait pas dû nous surprendre. Mi-décembre, Trump avait appelé ses partisans – qui le croient dur comme fer lorsqu’il soutient que ses ennemis du Parti démocrate et de l’« Etat profond » lui ont volé la victoire – à organiser une protestation « sauvage » (sic) à Washington le 6 janvier, jour du décompte des votes du collège électoral par le Congrès.
Soulignons que bon nombre des trumpistes qui ont assisté aux différents meetings de cette journée sont de fervents adeptes des théories complotistes de la mouvance QAnon. Et qu’ils ont été profondément déçus que Trump, dans son discours du jour, n’annonce pas les arrestations et les exécutions massives de démocrates qu’ils attendaient.
Les suprémacistes et les extrémistes blancs pro-Trump planifiaient depuis longtemps une action radicale pour empêcher le Congrès de déclarer Joe Biden président. Dans un commentaire mélodramatique posté sur le forum Internet d’extrême droite TheDonald, l’internaute « Mishaclara » se dit même prête à y laisser la vie : « Je veux que les choses se passent de façon pacifique, mais si nos “dirigeants” ne font pas ce qu’il faut et si nous devons prendre d’assaut le Capitole, alors je le ferai. » Au moment où, le 6 janvier, Trump appelait les Américains à « marcher sur le Capitole » et à « reprendre [leur] pays », certains de ses partisans d’extrême droite étaient déjà en train de forcer la mince ligne de police qui protégeait les façades est et ouest du bâtiment.
Peut-être faut-il se réjouir que les conséquences de cet envahissement n’aient pas été plus graves ? Washington possède certaines des lois sur les armes les plus strictes du pays ; rares étaient donc les émeutiers ouvertement armés. S’ils avaient été plus nombreux, il est certain que le bilan aurait été plus lourd – quatre manifestants ont perdu la vie dans ces protestations, l’un d’eux ayant été abattu d’une balle tirée par la police du Capitole, et un policier est mort de ses blessures.
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