« C’est dans l’esprit des hommes et des femmes que doivent s’élever les défenses de l’hospitalité du monde »

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« Face à cette crise, les patrimoines culturels ont également un rôle à jouer (...). Il faut prendre la mesure du fantastique réservoir de connaissances que constitue le patrimoine immatériel et autochtone (Photo: groupe d’homme rassemblés dans un nakamal, au Vanuatu).
« Face à cette crise, les patrimoines culturels ont également un rôle à jouer (…). Il faut prendre la mesure du fantastique réservoir de connaissances que constitue le patrimoine immatériel et autochtone (Photo: groupe d’homme rassemblés dans un nakamal, au Vanuatu). David Kirkland/Axiom / Design Pics / Photononstop

Tribune. « L’histoire de l’humanité devient de plus en plus une course entre l’éducation et la catastrophe », s’inquiétait, en 1920 [ The Outline of History], l’auteur de La Guerre des mondes, Herbert George Wells. Notre monde en effet s’abîme. Et à mesure que partent en fumée les forêts, que la biodiversité s’effondre, que les océans montent et s’acidifient, il nous devient peu à peu hostile.

Même s’ils sont cruciaux, les accords politiques et économiques seuls ne pourront résoudre durablement cette crise sans précédent : car nous ne pourrons faire face à cette catastrophe écologique – qui a déjà commencé –, si l’on ne mobilise pas massivement l’éducation, les sciences et la culture.

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L’éducation est un facteur crucial car elle a ce pouvoir exceptionnel de faire évoluer, sur le long terme, les consciences, les habitudes et les comportements. C’est parce que l’éducation peut changer les mentalités, qu’elle peut changer le monde. Il est donc urgent de généraliser l’éducation à l’environnement dans les programmes scolaires, de la petite école à l’enseignement supérieur, afin que les prochaines Greta Thunberg puissent trouver dès la salle de classe de vraies réponses aux questions qu’elles se posent.

Rapprocher sciences et politique

Face à cette crise, les patrimoines culturels ont également un rôle à jouer. Il faut bien sûr anticiper et prévoir la manière dont ces changements affecteront le patrimoine existant, notamment bâti ; mais il faut aussi prendre la mesure du fantastique réservoir de connaissances que constitue le patrimoine immatériel et autochtone.

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Nombreux sont les savoir-faire, les connaissances intimes qui préservent l’hospitalité et la beauté du monde, à l’image du « nakamal », ce savoir-faire architectural autochtone des îles du Vanuatu, qui s’est avéré, après le passage du cyclone Pam, bien mieux adapté à ce genre d’événements que les autres techniques de construction.

Nombreuses sont les connaissances intimes qui préservent l’hospitalité et la beauté du monde, à l’image du « nakamal », ce savoir-faire architectural autochtone des îles du Vanuatu

Laisser ces savoirs sombrer dans l’oubli constituerait une perte irrémédiable d’une expérience du monde ; ce serait également se désarmer à un moment crucial. Au contraire, il s’agit de mobiliser toutes les connaissances possibles pour faire face à cet immense défi. L’Unesco permet de faire ce pont entre sciences, culture et éducation et entend mettre à la disposition de tous les acquis de la recherche scientifique la plus récente dans les domaines des sciences de la Terre et des océans, de la biodiversité et de la gestion de l’eau.

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