ces sujets « idéologiques » sur lesquels Varsovie et Budapest font front commun en Europe

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Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, et son homologue polonais, Mateusz Morawiecki, à Budapest, le 26 novembre.

Pour l’instant, la Pologne et la Hongrie affichent un front parfaitement soudé face à leurs partenaires européens : tant que le mécanisme de conditionnalité entre le versement des fonds européens et le respect de l’Etat de droit sera sur la table, disent-elles, elles opposeront leur véto au plan de relance européen de 750 milliards d’euros et au budget communautaire (2021-2027) de 1 074 milliards. Le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, et son homologue hongrois, Viktor Orban, l’ont répété, lundi 30 novembre dans la soirée, après s’être retrouvés pour une réunion de travail à Varsovie.

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Epinglés régulièrement par Bruxelles pour des projets qui saperaient les valeurs démocratiques, l’indépendance de la justice, les droits des minorités ou la liberté des médias, les deux dirigeants s’attachent à mettre en scène leur union.

Le 26 novembre, déjà, ils s’étaient rencontrés à Budapest et avaient profité de l’occasion pour réaffirmer leur détermination. « Jamais ni la ­Pologne ni la Hongrie n’accepteront une proposition que l’autre jugerait inacceptable », avaient insisté MM. Orban et Morawiecki dans une déclaration conjointe.

Solidarité face à Bruxelles

Sur l’Etat de droit, c’est un fait, Varsovie et Budapest ont scellé une sorte de pacte face à Bruxelles. Une procédure dite « article 7 », qui vise en principe à sanctionner (jusqu’au retrait de leur droit de vote) des pays qui ne respectent pas les valeurs de l’Union européenne (UE), a été enclenchée contre la Pologne en décembre 2017, une autre contre la Hongrie en septembre 2018. Mais tant que les deux gouvernements seront solidaires, celles-ci n’auront, en réalité, aucune chance d’aboutir. En vertu de la règle de l’unanimité, il faut en effet que tous les Etats membres (sauf celui visé) y consentent.

« Quand vous voyez les positions de la Pologne et de la Hongrie sur les migrations, le climat, l’Etat de droit, le budget, ça fait pas mal de sujets sur lesquels ils ont des difficultés. Demandons-leur ce qu’ils veulent faire de cette UE ! », ironise un diplomate. Qui fait ainsi passer le message que le plan de relance pourrait, après tout, se faire à vingt-cinq, sans les deux frondeurs.

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Même si cette menace, brandie également par d’autres responsables, dont Clément Beaune, le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, reste à ce stade purement tactique, elle donne à penser que la Pologne et la Hongrie font, d’une certaine manière, bande à part au sein de l’UE.

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