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Il y aura un « après ». Nous retournerons au stade, aux terrasses de cafés, au cinéma et dans les festivals de musique pour nostalgiques des années 1960. Serrés les uns contre les autres. Nous reviendrons au zinc de la brasserie du quartier et nous irons démasqués baguenauder au musée. On nous garantit une sorte de débauche collective, la fiesta jusqu’à l’aube, un « boom » de l’économie sur fond d’explosion technologique. Ce sera l’après-Covid, comme il y eut l’après-guerre. Nous dit-on. Exubérance irrationnelle ?
Dans le Financial Times, John Gapper, habituellement préposé aux stratégies d’entreprises, cite Baudelaire – « Les Foules » – pour célébrer la fin prochaine de la distanciation sociale : « Il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude. (…) Celui-là qui épouse facilement la foule connaît des jouissances fiévreuses. » Le plaisir retrouvé d’être ensemble, cela, au moins, le commerce en ligne ne pourra pas le prendre.
Biden, plus rooseveltien qu’obamesque
Les économies occidentales sont encore dévastées par ce Covid-19 protéiforme mais il flotterait déjà dans l’air un souffle d’optimisme. Question en couverture cette semaine de l’hebdomadaire britannique The Economist : « Les rugissantes années 2020 ? » Nous serions à l’aube d’un cycle de croissance économique et de renouveau artistique. L’ensemble serait porté par une exceptionnelle créativité technologique. La vie au temps du virus a décuplé le champ du numérique. La performance de la mise au point de vaccins en moins d’un an serait le signe de la vitalité de l’innovation. Dans la plupart des pays occidentaux, les budgets de recherche et développement sont en hausse.
« Il est raisonnable d’espérer qu’une nouvelle vague innovante pourrait bientôt renverser la baisse du dynamisme de l’économie », écrit The Economist. On a tiré les leçons du passé. La crise du SARS-CoV-2 dépasse en ampleur celle venue de Wall Street en 2008. Cette fois, le démocrate Joe Biden, avec une enveloppe de près de 2 000 milliards de dollars, ne lésine pas sur la relance budgétaire. Il est plus rooseveltien qu’obamesque.
« Courant 2021, les choses vont sérieusement s’améliorer », dit l’économiste Paul Krugman dans le New York Times. Le Prix Nobel d’économie donne quatre conseils au président Biden : mettre tout le poids de l’Etat fédéral au service de l’économie ; ne pas se préoccuper de la dette publique (les taux d’intérêt vont rester bas) ; ne pas s’inquiéter d’un retour de l’inflation (qui ne menacerait pas) ; ne pas chercher de compromis avec l’opposition républicaine (par nature objectionniste).
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