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L’affaire secoue les Etats-Unis depuis près d’une semaine. Mais beaucoup de zones d’ombres demeurent quant aux circonstances qui ont conduit un policier blanc à tirer sept fois dans le dos de Jacob Blake, un Afro-Américain de 29 ans, dimanche 23 août à Kenosha (Winconstin). L’avocat de l’association de la police professionnelle de Kenosha, Brendan Matthews, a livré vendredi 28 août une version assez détaillée des faits issus des témoignages des policiers.
Plus tôt dans la semaine, la justice américaine ainsi que l’avocat et la famille de Jacob Blake, avaient livré leur version des faits. Le point sur ce que l’on en sait à ce stade.
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Pourquoi la police est-elle intervenue ?
D’après Brendan Matthews, la police est intervenue dimanche 23 août en réponse à l’appel d’une femme disant que Jacob Blake avait tenté de voler ses clés et son véhicule. Toujours selon l’avocat du syndicat de police, les policiers savaient que l’homme était sous le coup d’un mandat d’arrêt depuis le mois de juillet pour violences conjugales et agressions sexuelles lorsqu’ils se sont rendus sur place.
L’avocat de la famille Blake, Ben Crump, a quant à lui affirmé à plusieurs reprises qu’avant l’intervention de la police, Jacob Blake tentait de mettre fin à une dispute privée entre deux femmes.
Le procureur général du Wisconsin, Josh Kaul, a fait savoir, dans un communiqué diffusé vendredi, que l’enquête se poursuivait.
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Pourquoi la police a-t-elle ouvert le feu ?
Les images filmées par un passant avec son téléphone portable montrent Jacob Blake se diriger vers sa voiture suivi par trois policiers armés. Alors qu’il essaie d’entrer par la porte conducteur, on peut voir deux policiers braquer leur arme sur lui. L’un d’entre eux l’agrippe par le tee-shirt et, alors que M. Blake continue d’avancer, il lui tire dans le dos à sept reprises. A l’arrière du véhicule se trouvent trois des enfants de M. Blake.
L’auteur de ces images, un homme de 22 ans, a indiqué qu’il avait vu Jacob Blake se battre avec les policiers et les avoir entendus crier « Lâche le couteau ! Lâche le couteau ! ». Ce témoin n’a pas vu de couteau dans les mains du père de famille. La justice fédérale a quant à elle indiqué que les policiers avaient vu un couteau sur le sol de la voiture.
Mais Brendan Matthews, l’avocat du syndicat de police, va plus loin : selon lui, « les policiers l’ont vu tenir le couteau quand ils étaient du côté passager du véhicule ». Les forces de l’ordre auraient alors intimé à l’homme de lâcher le couteau, mais il n’aurait pas obtempéré. L’un des agents aurait alors utilisé un Taser, sans parvenir à le restreindre. Toujours selon M. Matthews, l’intéressé se serait battu avec les policiers, attrapant l’un d’entre eux par le cou.
Du fait de leur incapacité à reprendre le contrôle de la situation après avoir « utilisé des moyens verbaux, physiques et moins létaux », les policiers auraient alors brandi leurs armes, a détaillé l’avocat. « Monsieur Blake a continué d’ignorer les ordres des policiers, malgré la menace de l’usage d’une arme létale ».
Une version qui diffère de celle avancée plus tôt dans la semaine par Ben Crump. Selon ce dernier, Jacob Blake n’a rien fait pour provoquer la police.
Le policier qui a tiré a quant à lui été identifié. Sa version des faits est inconnue à ce stade.
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Dans quel état se trouve Jacob Blake ?
Le jeune homme est soigné dans un hôpital de la banlieue de Milwaukee (Wisconsin) depuis près d’une semaine. Après avoir passé plusieurs jours le coma, il s’est réveillé mais est paralysé des jambes, selon son entourage. Plusieurs de ses organes ont également été endommagés.
Son père a affirmé vendredi sur CNN que malgré son état, son fils avait été menotté à son lit d’hôpital. Une décision motivée par les accusations qui pesaient contre lui au préalable, mais qui a suscité l’incompréhension du père de Jacob Blake : « Pourquoi cet acier froid sur la cheville de mon fils ? », a-t-il interrogé sur CNN. « Il ne peut pas se lever, même s’il le voulait ».
Le gouverneur démocrate du Wisconsin, Tony Evers, a regretté publiquement que le trentenaire ait été menotté de la sorte : « J’aurais espéré que nous puissions trouver un meilleur moyen de l’aider à se rétablir », a-t-il déclaré. « Cela me semble contre-productif ». Les menottes ont depuis été retirées, ont annoncé les avocats de la famille.
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