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Parce qu’elle porte la voix des entreprises du Royaume-Uni contre une sortie de l’Union européenne sans accord, la directrice de la Confederation of British Industry, essuie de virulentes critiques.
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Quand Carolyn Fairbairn, la directrice de la Confederation of British Industry (CBI), le patronat britannique, a été décorée par la reine en juillet, les réactions ont été d’une rare virulence. « Une tache sur notre démocratie », s’est emportée Priti Patel, alors simple députée pro-Brexit, et aujourd’hui ministre de l’intérieur. « C’est complètement inapproprié, continue-t-elle, elle est récompensée alors qu’elle a mené une campagne régressive contre notre pays. » Jacob Rees-Mogg, lui aussi alors simple député, aujourd’hui ministre des relations avec le Parlement, y est allé d’une saillie tout en ironie glaciale. « Le CBI a dit ce qui lui était demandé pour soutenir la politique du gouvernement [de Theresa May] et elle est consciencieusement récompensée. Je la félicite. L’obéissance marche. »
Assise très droite sur sa chaise, Carolyn Fairbairn montre à peine un signe d’agacement quand on lui rappelle ces remarques. Elle a l’habitude. Depuis trois ans et demi, elle est devenue l’une des cibles favorites des partisans du Brexit, qui l’accusent d’être antipatriotique et de mener « le projet de la peur » contre la sortie de l’Union européenne (UE).
La patronne des patrons britannique reconnaît juste éviter de regarder les commentaires la concernant sur les réseaux sociaux. « Ça peut être très intimidant, particulièrement pour les femmes. Je préfère ne pas les lire. On a tous une limite à ce qu’on peut encaisser. J’écoute les critiques, mais quand il s’agit de simples insultes, je ne veux pas les entendre. »
Un simple coup d’œil à son fil Twitter explique aisément ce besoin de se protéger. Carolyn Fairbairn y est accusée d’être « anti-Britannique, de la 5e colonne, sapant ce pays », « traître », « payée par l’UE » (c’est faux, le CBI reçoit 0,6 % de son budget de l’Union européenne, pour organiser des sondages auprès des entreprises)… A son bureau situé au cœur de la City, elle reçoit parfois des lettres de menaces.
« On en a assez des experts »
Femme de dossiers évitant les grandes envolées lyriques, toujours précise, la directrice du CBI, 58 ans, a fini par incarner malgré elle « les élites » contre le « peuple ». Avec Mark Carney, le gouverneur de la banque d’Angleterre, elle est devenue l’une des principales ennemies des brexiters, qui préfèrent manier des arguments chargés d’émotion. « On en a assez des experts », avait lancé pendant la campagne du référendum Michael Gove, aujourd’hui ministre chargé des préparatifs du « no deal ». « Fuck business », avait résumé à l’été 2018 Boris Johnson, avant de devenir premier ministre.
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