Brocardée par Trump, l’Allemagne est soulagée par la victoire de Biden

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Cible répétée de Donald Trump, qui qualifia d’« erreur catastrophique » sa politique d’accueil des réfugiés, l’accusa d’être un « partenaire défaillant » et un « mauvais payeur » au sein de l’OTAN, et menaça à plusieurs reprises de bannir ses constructeurs automobiles du marché américain, l’Allemagne a sans surprise accueilli avec un profond soulagement la victoire de Joe Biden.

« Je me réjouis à l’idée de travailler prochainement avec le président Biden. Notre amitié transatlantique est irremplaçable si nous voulons relever les grands défis de notre temps », a réagi la chancelière Angela Merkel, samedi 7 novembre au soir, dans un communiqué où elle « félicite également Kamala Harris, première femme vice-présidente de l’histoire » des Etats-Unis.

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A l’exception de ceux du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), dont plusieurs avaient dit qu’ils souhaitaient voir Donald Trump réélu, les responsables de toutes les formations politiques du pays se sont félicités de l’arrivée prochaine de son adversaire démocrate à la Maison Blanche, brossant de lui une sorte d’antiportrait du président sortant. « Joe Biden voit la force des Etats-Unis sur la scène mondiale comme un jeu d’équipe. Nous aussi voulons que l’Occident joue à nouveau dans un esprit d’équipe », a réagi le ministre social-démocrate des affaires étrangères, Heiko Maas (SPD), très sévère à l’égard de Donald Trump. « Des perdants décents sont plus importants pour le fonctionnement d’une démocratie que des vainqueurs éclatants. »

« Le rituel consistant à vouloir rabaisser et punir l’Allemagne de façon démonstrative, comme nous l’avons vu sous le président Trump, appartient désormais au passé », a pour sa part commenté Norbert Röttgen, président de la commission des affaires étrangères du Bundestag et candidat à la présidence de l’Union chrétienne-démocrate (CDU).

Mêmes exigences

Si la défaite de Donald Trump était espérée en outre-Rhin – seuls 13 % des Allemands souhaitaient sa réélection, selon un sondage de l’institut Civey –, la victoire de Joe Biden n’y soulève pas cependant des espoirs immodérés. « Biden sera certainement plus conciliant, son ton sera plus amical mais, sur le fond, les mêmes gros dossiers resteront sur la table », a prévenu le député conservateur Peter Beyer (CDU), coordinateur du gouvernement allemand pour les relations transatlantiques, jeudi 5 novembre, sur la chaîne publique ARD.

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