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Pour réformer la BaFin, le gendarme allemand des marchés financiers, Berlin a pris soin de ne pas prendre… un Allemand. Signe de la gravité de la crise de crédibilité qui affecte l’autorité depuis le déclenchement, en juin 2020, du scandale Wirecard, considéré comme la plus grande fraude comptable de l’Allemagne depuis l’après-guerre, le ministère des finances a favorisé un recrutement à l’international. C’est un ancien banquier, à la double nationalité suisse et britannique, Mark Branson, qui aura la charge de réformer l’institution. M. Branson est actuellement directeur de l’autorité suisse de surveillance des marchés, la Finma. Il devrait prendre ses fonctions à Bonn (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), au plus tard le 1er août, a annoncé le ministère des finances, lundi 22 mars.
Mark Branson est une prise de choix pour le ministère, qui conclut avec cette nomination une phase essentielle du processus de réforme du contrôle financier des entreprises et de renforcement de la BaFin, annoncé ces dernières semaines. Selon le quotidien Handelsblatt, le ministre des finances, Olaf Scholz, ainsi que son secrétaire d’Etat, Jörg Kukies, ont pesé de tout leur poids pour convaincre M. Branson d’accepter la charge. Ce dernier, âgé de 52 ans, a étudié à Cambridge, au Royaume-Uni, avant de travailler au sein des banques suisses UBS et Credit Suisse. Il a ensuite rejoint l’autorité de contrôle helvète, la Finma, en 2010, dont il a pris la direction en 2014. Il apportera à l’autorité allemande deux atouts dont elle a absolument besoin : un regard extérieur critique sur cette place financière et une culture de contrôles financiers plus agressifs, sur un modèle anglo-saxon.
Rétablir l’autorité et la crédibilité de la BaFin
La tâche est considérable. Depuis dix mois, le scandale Wirecard n’en finit pas de produire des répliques. La commission d’enquête parlementaire consacrée à cette affaire produit régulièrement des révélations confondantes. Celles-ci dressent le portrait peu flatteur d’une scène financière qui a largement fermé les yeux sur les irrégularités relevées depuis des années chez Wirecard. Cabinets d’audit, autorités de contrôle comptable, analystes financiers, Bourse de Francfort : tous ont vu leur réputation éclaboussée par le scandale. Plusieurs têtes sont déjà tombées au cours de l’enquête. Felix Hufeld, président de la BaFin, quittera ses fonctions fin mars. Hubert Barth, le directeur Allemagne du cabinet d’audit EY, a également été poussé à la démission au mois de février.
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